littérature France

Franck Bouysse, Plateau

plateau.jpgDepuis le bas de la route, le hameau a des allures de mesa incrustée dans le granit qui surplombe une lande tourbeuse où serpente un ruisseau.
Un hameau de quatre maisons, sans oublier une caravane, entouré de prairies et de forêts, voici le décor de Plateau. Virgile y vit avec sa femme malade, son neveu qu’il a élevé, occupe plus loin une caravane. Karl, un homme au passé mystérieux habite la dernière maison, la plus isolée. Il a sympathisé avec Virgile, à leur manière à tous les deux. Quand Coralie, la nièce de l’épouse de Virgile, vient se réfugier dans le hameau, l’ordre fragile établi se fissure…

Karl a toujours été pénétré par une foi machinale, faite de prières à un Dieu qu’il rend seulement responsable des bonnes choses qui lui arrivent. Pour le reste, il y a les hommes et leurs démons.
Attaquer Plateau quand on vient de finir L’iris de Suse, comment dire ? C’est risqué, à la fois pour le lecteur et pour l’auteur qui va sans doute souffrir de la comparaison. Car, s’il y a quelque chose, un style, une ambiance, qui évoque Giono dans le roman de Franck Bouysse, comme dans le dernier Marcus Malte, ça ne fonctionne malheureusement pas aussi bien, de mon point de vue… trop de personnages, trop de drames amoncelés, trop de représentations poétiques du paysage.


Ce type n’avait rien à faire dans le décor. De la graine de vagabond, avait d’abord pensé Virgile. Un type curieux de tout, qui semblait redouter la solitude et qui venait pourtant de son plein gré en ce lieu où elle s’étend comme du cresson dans une pêcherie.
Les personnages d’abord, ce n’est pas vraiment qu’ils soient trop nombreux, c’est surtout qu’ils cumulent à eux tous une quantité de problèmes, ensuite que de nouveaux protagonistes surgis du passé en apportent encore une dose. La violence, la maladie, la vieillesse, la solitude, les relations pernicieuses, les séquelles de la guerre, le poison du secret, et j’en oublie peut-être, cela fait beaucoup pour un seul roman, non ?


Parvenu devant un tas de cailloux calibrés et disposés en carré, d’environ un mètre cinquante de côté et haut d’un petit mètre, le père resta silencieux. Il fit le signe de croix et se tourna vers son fils, interdit.

Je ne dis pas que ce soit un mauvais roman, loin de là, les figures de style originales fonctionnent bien la plupart du temps, les caractères des personnages sont finement évoqués, la ou plutôt les histoires ne manquent pas d’intérêt, mais cela ne m’a pas totalement convaincue. J’ai lu le plus grand bien de Grossir le ciel, c’est celui que je voulais lire, mais j’ai trouvé Plateau à la bibliothèque, la lecture n’en fut pas laborieuse… Je serais curieuse de connaître vos avis si vous l’avez lu aussi !

Plateau de Franck Bouysse, Manufacture de livres (2016) 304 pages

Clara n’est pas tout à fait conquise non plus, Emma est plus enthousiaste.

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33 réflexions au sujet de « Franck Bouysse, Plateau »

  1. Merci pour le lien, en effet, j’ai beaucoup aimé, j’ai eu une petite préférence pour Grossir le ciel (moins de problèmes, moins de descriptions etc…), et j’ai aimé Vagabond, peut-être ne suis-je pas trop objective car je l’ai souvent croisé à des salons et j’aime beaucoup la personne, la manière dont il parle de ses livres etc….

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    1. Je voulais un avis plus positif, je sentais que ce livre le méritait tout de même. Les avis que j’ai lus pour Grossir le ciel sont assez unanimes, je pense le lire si j’en ai l’occasion.

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  2. J’en suis restée à « Grossir le ciel », dont j’ai beaucoup aimé l’ambiance, plutôt que l’intrigue en elle même. Tout n’est sans doute pas égal chez cet auteur, comme pour pas mal d’auteurs de polars, d’ailleurs, mais je continuerai à lire cet auteur (peut-être pas « Plateau », d’ailleurs, du coup)

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    1. Grossir le ciel est en poche maintenant, et concourt pour le prix SNCF du polar, je le lirai volontiers et ça m’aidera sans doute à mieux cerner ce qui m’a tout de même plu dans Plateau.

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  3. Ce n’est pas le 1e avis mitigé que je lis à propos de ce titre, que je n’ai pas osé tenter, du coup, alors que j’ai beaucoup apprécié Grossir le ciel, son ambiance sous tension, ses personnages taiseux..

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  4. Oh ben dis donc, tu fais bien d’en parler ! Je viens de le noter suite à un coup de coeur de libraire, mais là du coup je vais l’enlever de ma LAL parce que, comment dire, elle est déjà un peu surchargée…

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  5. Je l’ai acheté en librairie parce que je n’avais plus de lecture mais je n’ai pas aimé, enfin j’ai aimé mais j’ai été déçue, parce que le style est sublime et que j’adore ça d’habitude mais là je sais pas, c’était trop compliqué alors qu’il aurait pu faire plus simple pour s’immerge plus facilement. Et la fin m’a laissé de marbre. Je n’en ai pas vu le but et je n’ai pas compris ce qu’il a voulu nous dire.

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