Nathacha Appanah, Petit éloge des fantômes

petitelogedesfantomesLa collection
Je crois que c’est le premier livre de cette collection « petit éloge » de Folio que je lis. Les thèmes nombreux et les auteurs variés permettent toutes sortes de découvertes, pour tous les goûts. Je note, au fil du catalogue, un petit éloge de la mémoire, de la colère, des grandes villes, de la bicyclette, de l’ironie, des brunes… Je remarque aussi des auteurs qu’il me plairait de lire ou de relire comme Eric Fottorino, Valentine Goby, Nathalie Kuperman, Martin Winkler ou Brina Svit, dont je parlais la semaine dernière…

L’auteure

Là, c’est Nathacha Appanah qui s’y colle avec des histoires de famille, de fantômes perturbants ou plus familiers, dans le cadre de l’île Maurice principalement. Sept textes variés, qui peuvent sembler autobiographiques ou un peu moins, parfois teintés d’un zeste de fantastique, sur le thème du deuil, mais aussi de la mémoire, de l’absence, ou des souvenirs d’enfance toujours tendres et pleins d’admiration pour ceux qui l’ont précédée, leurs croyances et leur sens généreux de la famille…

« Comment savoir quel est son devoir ? Est-il de se battre ? Est-il de se soumettre ? Est-il de lâcher prise ? »
Dans « Mes fantômes bien-aimés », Nathacha évoque la figure de sa grand-mère, la nouvelle « Hollanda » parle d’un cyclone que l’île Maurice a subi en 1994, mais quel était ce fantôme qui suivait le passage de l’ouragan ? Dans « La traversée » on en apprend plus sur les rites bouddhistes liés au deuil, « Le sommeil » parle d’une patiente souffrant d’insomnie et de son médecin… les sept textes donnent la mesure du talent de l’auteure et invitent à poursuivre la découverte de ses écrits. Pour moi, ce sont des retrouvailles puisque j’ai déjà lu La noce d’Anna et En attendant demain, et je pense ouvrir un de ces jours son dernier ouvrage Tropique de la violence

« J’avais vingt et un an à peine, je vivais sous l’emprise d’un homme au génie sombre et violent, et je n’en menais pas large. Mais je me tenais droite, pas besoin de parents, pas besoin de frère, pas besoin d’amis, pas besoin de finir mes études, pas besoin de vivre sa jeunesse. »
J’admire comment en peu de mots, mais qui en disent tant, est fait ce portrait d’une jeune femme qui va rendre visite à sa grand-mère… Et tout le reste du recueil est de la même veine, un petit livre, mais un condensé de force et de sincérité.

 

Nathacha Appanah, Petit éloge des fantômes, Folio (2016) 98 pages
La bonne nouvelle du lundi c’est ici.

Enregistrer

34 commentaires sur « Nathacha Appanah, Petit éloge des fantômes »

  1. Moi aussi je note ! Pas lu celui-là (et je suis encore toute étourdie par la lecture de son dernier roman !)

    J'aime

  2. J’ai des fois tenté ce type de petites collections à thèmes et j’ai la plupart du temps, été assez déçue. J’ai eu l’impression soit de textes de commandes, soit de collection fourre tout, où le nom de l’auteur compense la qualité de la sélection … Mais visiblement, ce n’est pas le cas de cet opus, alors pourquoi pas …

    J'aime

  3. j’ai souvent envie de lire ces petits recueils autour d’un thème je suis souvent déçue mais peut-être que je n’ai pas encore lu de livres de cette collection.

    J'aime

  4. J’en ai quelques uns dans ma PAL, j’en ai lu d’autres, une bonne petite collection. C’est une bonne idée pour faire connaissance avec l’auteure.

    J'aime

  5. Je l’ai acheté mais pas encore lu, comme Airelle, j’aime bien cette collection qui permet de découvrir un auteur à partir de textes courts 🙂

    J'aime

  6. J’ai beaucoup aimé tropique de la violence, le seul lu pour le moment de cette auteure, mais je poursuivrai la découverte de ses écrits!

    J'aime

  7. Mais j’aime bien les collections Folio en général, je ne connais pas celle-ci ni l’auteure, donc c’est une jolie porte pour la découvrir (et d’autres), je note ! Ce que tu en dis me fait envie !

    J'aime

  8. J’ai quelques-uns des livres de cette collection mais j’avoue ne pas avoir encore sauté le pas… ce thème me plaît ici…
    (Et je dois lire Tropique de la violence…)

    J'aime

Les commentaires sont fermés.