littérature France

Jo Witek, Un hiver en enfer

unhiverenenferUn roman pour adolescents, voilà qui a priori n’est pas tout à fait le genre de lecture que j’affectionne, mais je l’ai gagné à un concours, et puis j’aime bien la couverture… Allez, hop, direction, les lectures en cours ! Cela commence comme un roman sur le harcèlement en milieu scolaire, cela continue comme un drame familial, cela se termine comme un thriller, mais le tout est plutôt bien ficelé et il semble difficile de le lâcher sans savoir comment le pauvre Edward va se tirer de la situation où il se trouve.
Imaginez un peu : Edward est un lycéen un peu à part, appelé « Ed le taré » par une bande de petits crétins de son institution privée, en référence aux petites manies d’Edward et à la mère du garçon qui passe plus de temps en maison de repos que chez elle. Edward vit entre son père et une jeune fille au pair sympa, jusqu’au jour où sa mère revient, guérie et décidée à se rapprocher enfin du garçon. Malheureusement, ses parents ont un accident de voiture au retour d’une soirée, et Edward se retrouve seul avec sa mère. Celle-ci décide brusquement de reprendre sa vie et celle d’Edward en main, jusqu’à un séjour à la montagne où leur relation vire à quelque chose de bien plus sombre qu’un affrontement entre une mère et un fils adolescent. L’un des deux serait-il fou, et lequel ?
Cette histoire vraiment très prenante souffre toutefois de petits défauts qui auraient pu être éliminés à la relecture : un percepteur au lieu d’un précepteur page 218, et ailleurs « il lui prit la main et l’emporta un peu à l’écart » Bizarre, plusieurs fois des personnages en emportent d’autres qui ne sont ni des bébés ni des invalides… Il me semble qu’on m’a appris qu’on emportait des objets et qu’on emmenait des gens, non ?
Un deuxième petit bémol concerne la fin, qui m’a un peu déçue, non qu’elle manque d’action ou de rebondissements, mais à cause du twist final, qui m’a semblé déjà-vu et un peu trop facile, en même temps que très, trop difficile à croire. Je manque de points de comparaisons, je dirais que ce roman est de bonne qualité, sans être exceptionnel, mais que je ne regrette pas cette lecture. La description de l’environnement d’Edward, tant scolaire que familial, est notamment pleine de véracité.


Citation : Il ferma les yeux. « Condamné à mort ! Quoique je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale, comme un sceptre de plomb à mes côtés, seule et jalouse, chassant toute distraction… » Le texte de Victor Hugo tournait en boucle dans son esprit. Vendredi serait son dernier jour. Il le fallait.

 

L’auteure : Jo Witek, née en 1968 à Puteaux, écrit depuis son enfance. Elle a d’abord travaillé comme scénariste et lectrice pour le cinéma, avant de faire paraître son premier roman en 2009. Elle écrit pour la jeunesse, tant des romans, que des documentaires et des albums. Elle vit dorénavant en Languedoc, et anime des ateliers et des rencontres avec des adolescents.
333 pages.
Éditeur : Actes Sud (2014)

L’avis de Séverine. En route pour l’objectif PAL 2016 avec Anne et Antigone !
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31 réflexions au sujet de « Jo Witek, Un hiver en enfer »

  1. J’étais persuadée que Jo Witek était un homme ! Preuve s’il en faut que je n’ai jamais lu cette auteure… Sortir un bon roman jeunesse, ça fait du bien à la PAL aussi…

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  2. Dommage pour les petites erreurs dans le texte, je dois avouer que ça m’horripile beaucoup d’en trouver… ! De Jo Witek, j’ai lu le premier tome de Mentine, assez pêchu. J’ai envie d’en découvrir d’autres car apparemment c’est une référence en matière de littérature jeunesse…

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      1. C’est vrai, mais pour ma part depuis que j’ai fait un stage en maison d’édition il y a quelques années – je passais des journées à corriger et à m’user les yeux sur des textes – je suis vachement à cheval sur ces erreurs et ça me saute direct aux yeux ^^

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  3. J’ai rencontré Jo Witek l’an dernier avec mes élèves et ça a été l’occasion de découvrir ses romans : comme toi j’ai bien aimé malgré les bémols, elle arrive quand même à bien emporter le morceau ! Son roman policier dont le personnage est une aveugle qui rêve en couleurs, « Rêves en noir », est très bien aussi. Quant à l’auteur, compagne de Guillaume Guéraud comme je l’ai appris lors de notre rencontre, elle est adorable, dynamique et très ouverte.

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  4. Celui que j’ai lu récemment, m’a bien plu : c’est troublant, assez original et bien construit (à défaut d’être rythme, je crois que l’auteur a pris le parti de la lenteur pour privilégier l’atmosphère).

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