littérature Europe du Sud·policier

Marco Malvaldi, Le mystère de Roccapendente

mysterederoccapendentePour les gens à l’esprit morbide qui aiment les descriptions détaillées, nous dirons que le cadavre était recroquevillé sur une chaise en osier, avec une main qui pendait, d’une blancheur impressionnante, alors que le visage était violacé. La veste de travail de Teodoro était soigneusement posée sur un cintre. Sur un guéridon, face au défunt, se trouvait un plateau avec une bouteille de porto et un verre contenant un peu de vin rouge.
J’ai raté le jour du roman policier au cours du mois italien, mais ce n’est pas très grave car ce roman n’est pas vraiment un polar. Même si son point de départ est une mort mystérieuse, le propos est essentiellement ailleurs. Il est dans la description d’un microcosme, le château du baron de Roccapendente, la famille, les domestiques et les invités. Tout le monde se demande qui vont être ces invités, l’un serait même, pense le fils poète, un homme de lettres auquel il pourrait demander conseil, voire devenir son disciple. Las, il s’agit d’un auteur de livres de cuisine, quelle déception ! Quant à l’autre invité, il est photographe, et chacun de se demander ce qu’il vient faire là. En cette année 1895, on parle des frères Lumière qui viennent d’inventer le cinématographe et Sir Arthur Conan Doyle a déjà créé Sherlock Holmes, qu’un des protagonistes lit dans le texte, au grand dam des vieilles filles, sœurs du baron, qui lorgnent sur le dessin de couverture en pinçant les lèvres.
Il s’agit donc pour le délégué à la sécurité publique dépêché au château de trouver qui a assassiné Teodoro. Mais pendant ce temps, le lecteur se régale surtout des petites incursions et clins d’œil de l’auteur dans le cours du récit, de l’humour avec lequel il traite les situations, de l’atmosphère de fin de siècle en Toscane… J’ai appris en faisant des recherches pour ce billet que Pellegrino Artusi, critique gastronomique et père de la cuisine nationale italienne, a réellement existé. Ce qui classe ce roman à part parmi ceux de Marco Malvaldi, les autres ayant un cadre plus contemporain. Quant aux recettes à la fin du livre, elles n’ont donc rien de fantaisiste. C’est vraiment piquant, délectable, une lecture agréable et facile entre deux autres plus sombres, loin des drames qui sont mon fond de lecture habituel !


Citation : Entre-temps, Artusi avait mené à bien l’opération d’avaler son café en conservant ses grosses moustaches étonnamment propres grâce à la technique dite « du fourmilier » (bouche en forme de trompe, lèvres tendues vers l’avant et rapide succion, si possible silencieuse, et ainsi de suite) si chère aux propriétaires de moustaches dans le monde occidental.


L’auteur : Marco Malvaldi est né en Toscane en 1974. Il a fait des études de chimie et été chercheur. Passionné de chant lyrique, il fait une brève carrière de chanteur professionnel. Son premier roman, La briscola à cinq, paraît en 2007.
208 pages.
Éditeur : 10/18
Traduction : Lise Chapuis
Titre original : Odore di chiuso

Ce livre trouvé opportunément dans une boîte à livres de mon quartier est donc une lecture pour le mois italien, la deuxième. A lire aussi, les avis plus anciens de Eimelle, Florence ou Yv.
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