littérature Amérique du Nord·projet 50 états

Paul Auster, Tombouctou

tombouctouLe mois américain est en cours, j’avance bien dans mes lectures, américaines ou non, mais je constate que j’ai du mal à écrire des avis, parce que je me lasse de plus en plus de prendre des notes en cours de lecture, et parce que je traîne à la rédaction des billets, qui portent sur des livres lus deux ou trois semaines auparavant… Bref, ce billet risque d’être assez court, vous voilà prévenus !
Le roman de Paul Auster déroule les pensées de Mr Bones, un brave chien bâtard, qui accompagne depuis des années son maître, Willy, sur les routes des États-Unis. Willy est sans domicile, cela ne dérange pas Mr Bones, mais l’amitié qui le lie à son maître va prendre fin, il le sent, il l’entend aux quintes de toux épuisantes qui le prennent. Willy fait une dernière étape à Baltimore où il espère retrouver son ancienne professeure de français pour lui demander deux services.
Force est de reconnaître la réussite de ce roman d’apprentissage dont le personnage principal, celui qui au travers des difficultés, accède à la maturité et à l’autonomie, est un chien…
Ce roman donne l’impression d’un exercice d’écriture plutôt que d’un livre où l’auteur a mis beaucoup de lui-même, et pourtant il ne manque pas de richesse, il peut être lu de pas mal de façons, et on peut y trouver un peu ce que l’on cherche de la vie : les choix qu’on y fait, les leçons qu’on tire des épreuves, les idéaux qui nous guident. J’ajoute que si on connaît l’univers et le style de Paul Auster, on ne peut qu’apprécier les moments où il s’écarte du récit linéaire pour changer de point de vue, de manière tout à fait originale, pour entrer dans le monde onirique du chien, ou pour faire un clin d’œil au lecteur en citant au passage « un nommé Anster ou Omster, ou quelque chose de ce genre, qui avait fini par écrire un certain nombre de livres plutôt médiocres… ».
Si ce roman ne pourra pas égaler d’autres de l’auteur new-yorkais, j’ai eu plaisir à le lire, et j’ai frémi et compati aux déboires de Mr Bones. Je le recommanderai plus aux fans de l’auteur que pour découvrir son oeuvre, toutefois.

Extrait : Quand le temps se réchauffa enfin et que les fleurs ouvrirent leurs boutons, il apprit que Willy n’était pas seulement un casanier scribouillard et un branleur professionnel. Son maître était un homme pourvu d’un cœur de chien. C’était un baladeur, un soldat de fortune prêt à tout, un bipède unique en son genre qui improvisait les règles en cours de route. Ils partirent tout simplement un beau matin de la mi-avril , se lancèrent dans le vaste monde et ne remirent plus les pieds à Brooklyn avant le jour précédant Halloween. Quel chien pourrait en demander davantage ?

L’auteur : Paul Auster est né en 1947 dans le New Jersey. Il écrit des articles pour des revues, débute les premières versions du Voyage d’Anna Blume et de Moon Palace, travaille sur un pétrolier, séjourne trois ans en France où il fait des traductions (Mallarmé, Sartre, Simenon), écrit des poèmes et des pièces de théâtre.
Son premier ouvrage majeur est une autobiographie, L’Invention de la solitude, écrit après la mort de son père. De 1986 à 1994, il publie des romans comme La trilogie new-yorkaise, Moon Palace et Léviathan. Paul Auster écrit des scénarios de films et tourne Lulu on the Bridge en 1997.
Il écrit ensuite Tombouctou (1999), Le Livre des illusions, La Nuit de l’oracle et Brooklyn Follies (2005).
Marié puis séparé de l’écrivain Lydia Davis, il s’est remarié en 1981 avec une autre romancière, Siri Hustvedt.
Son dernier projet est un roman écrit en trois années, roman qui fera plus de 900 pages, «le plus volumineux de sa vie», et paraîtra aux Etats-Unis en 2017.
210 pages.
Éditions
Actes Sud (1999) Paru en poche.
Traduction : Christine Le bœuf
Titre original : Timbuktu

Les avis d’Inganmic et de Valentyne.

Lecture du mois américain, organisé sur le blog Plaisirs à cultiver.

Projet 50 romans, 50 états : le Maryland.
moisamericain2

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40 réflexions au sujet de « Paul Auster, Tombouctou »

  1. Je me sens moins seule, j’ai beaucoup de mal à écrire des billets en ce moment. Par contre, je ne lis pas autant ni aussi vite, mais bon c’est souvent comme ça en septembre. Mon roman en cours est assez prenant pour inverser la tendance, j’espère… Et erci pour la découverte de ce titre inconnu.

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  2. Je connais cet auteur de nom mais je n’ai pas eu encore l’occasion de lire un de ses ouvrages. Je suis pareil, il y a des fois ou prendre des notes sur un livre m’embête et puis ça revient, au fond c’est cyclique chez moi. Toujours autant de plaisir à lire tes notes. 🙂

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  3. Ton premier paragraphe me fait rire : je pourrais dire exactement le même chose ! Tombouctou est un des rares romans d’Auster que je n’ai pas lus, je me suis un peu lassée d’Auster à un moment, mais vu ce que tu en dis je me le note (ne serait-ce que pour le challenge 50 états !)

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  4. Je ne sais pas pourquoi, il a tout pour me plaire Paul Auster, j’avais adoré L’invention de la solitude et puis…paf…impossible d’accrocher aux autres qui ont suivi, je lis dix pages de temps en temps de ci de là, sans plus… J’en ai 4 chez moi…mais pas Tombouctou (pourtant j’adore les chiens ! 😆 ) . Aussi, je ne me force plus mais j’espère vraiment pouvoir accrocher à nouveau un jour ! Quant aux billets de plus en plus durs à écrire…je ne dirais rien ! 😆

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    1. Je comprends, ce n’est pas un auteur qui peut plaire à tout le monde, son univers est assez particulier. Je recommanderais, de manière assez radicale, de tenter « Cité de verre » qui est un de mes préférés, mais aussi tout à fait représentatif.

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      1. Merci du conseil Kathel, je ne crois pas que je l’ai celui-ci…mais bon, il faut que je fouille dans mes étagères. De toutes façons, c’est un auteur que l’on suit, que l’on a envie de suivre, on sait qu’il a des choses à dire et pis c’est tout ! 😉

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  5. Je l’avais abordé avec quelques réticences -le sujet ne m’inspirait pas vraiment- et avait été agréablement surprise. Comme tu le dis, ce n’est pas une oeuvre majeure de l’auteur, mais cela se lit avec beaucoup de plaisir, et c’est bien moins simpliste qu’on pourrait le croire de prime abord..

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  6. Il est dans ma Pal. Ton billet me donne une autre motivation pour le lire : un nouveau pays pour mon challenge 50 états. Je stagne in peu car beaucoup de romans américains que je lis se passent à New York.

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  7. Un très bon souvenir cette lecture . Cela fait longtemps que je ne l’ai pas lu, ce monsieur
    Ma précédente bibli avait tous les romans de cet auteur , il faudra que j’aille voir ce qui est dispo à la nouvelle bibli 🙂

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  8. Jamais pu finir un roman de Paul Auster. J’ai essayé trois fois, avec trois titres différents et ils me sont toujours tombés des mains. Je ne me l’explique pas mais c’est comme ça…

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