littérature Amérique du Nord·nouvelles

David James Poissant, Le paradis des animaux

paradisdesanimauxLe recueil de nouvelles de ce jeune auteur est encore un exemple de ce que les universités américaines et les ateliers d’écriture peuvent produire de meilleur. La première nouvelle, L’homme-lézard, est à ce titre exemplaire, puisque réussissent à y cohabiter une situation familiale dégradée entre un père et son fils homosexuel, une virée en pick-up, un inventaire après décès, un alligator géant, un parcours de golf, une tempête, de la violence, des remords, une tentative de rédemption… le tout avec une tonalité de comédie dramatique, le penchant dramatique étant le plus exploité, sans en rajouter dans la morosité.
Les autres nouvelles, comme la première, possèdent la même force teintée d’humour, s’attachent autant à révéler le petit détail pitoyable qui change tout, que les sentiments universels.
Les personnages terriblement humains, faillibles,  représentatifs des petits blancs pauvres du sud des États-Unis, sont capables de moments fulgurants de grandeur. La dernière nouvelle, Le paradis des animaux, fait revenir quelques années plus tard le père et le fils du premier texte, pour mettre un point final à leur histoire. Et à notre lecture qui nous laisse un vide…
Je serai curieuse de lire de nouveau ce jeune auteur lorsqu’il fera paraître, un jour, un roman. Et en attendant, peut-être de l’écouter parler de son travail au Festival America où il est invité en septembre…
Logo-America

Citations : Il y a un an, j’ai balancé mon fils par la fenêtre de la salle de séjour. Je ne me rappelle pas comment cela s’est produit, en tout cas, pas exactement.

La seule chose qui soit pire que d’être pris en pitié, c’est de se prendre soi-même en pitié.

L’auteur : Originaire du sud des États-Unis, David James Poissant, 33 ans, est maintenant l’une des sensations de la scène littéraire américaine. Ses nouvelles, publiées dans les revues et magazines littéraires les plus prestigieux ont été distinguées par de nombreuses récompenses. Il vit en Floride, où il enseigne la littérature.
337 pages.
Éditeur : Albin Michel (2015)
Traduction : Michel Lederer
Titre original : The heaven of animals

 

Repéré grâce à Hélène, Léa et Valérie.

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26 réflexions au sujet de « David James Poissant, Le paradis des animaux »

  1. je suis toujours impressionné par ce modèle américain des ateliers d’écriture. Je te rejoins lorsque tu dis qu’il en ressort parfois des textes forts. Merci pour la découverte et bonne journée à toi 🙂

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  2. Un vrai bonheur que ce recueil. Mes deux nouvelles préférées sont 100% cotton (qui m’a fait couler une larme) et Nudists, En revanche, j’ai moins accroché aux incursions de l’auteur dans l’univers du fantastique (Knockout, What the wolf wants, The baby glows).

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    1. J’ai beaucoup aimé la première et la dernière qui se répondent, et d’autres aussi. Un peu moins la plus courte (Ce que veulent les loups) tellement courte qu’elle en devient oubliable.

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  3. Je l’ai réservé pour le Festival – je suis contente de lire ton avis et intriguée car une amie l’a lu et a été déçue au contraire (Hop sous la couette) donc je vais lui redonner une chance 😉

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  4. Pas encore lu celui-là, je ne lis guère de nouvelles en général mais il me semble impératif de faire une exception pour cet auteur-là. Même si je n’aime pas du tout cette couverture…

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