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George Pelecanos, La dernière prise

dernierepriseMon père n’a même pas daigné tourner la tête. J’aurais bien regardé un bout de match des Steelers avec lui s’il me l’avait demandé, mais non, rien à faire, alors je suis monté dans ma chambre.
La déception, la séparation, la pauvreté, la drogue, la mort rôdent derrière ces nouvelles, qui toutes ont pour cadre Washington, et bien souvent pour milieu la communauté d’origine grecque de la ville. George Pelecanos parle de ceux qu’il côtoie tous les jours depuis sa naissance dans la capitale des États-Unis, et il en parle bien ! Il excelle autant à décrire avec naturel les caractères, qu’à planter le cadre, à savoir les recoins les plus sombres de la ville, et en peu de pages, ce n’est pas si facile.
Je classerais volontiers les recueils de nouvelles entre ceux que je réussis à finir et les autres, dont je ne parle donc pas, que je laisse en attendant de les reprendre, reprise assez hypothétique, quoique pas totalement illusoire. Le livre de George Pelecanos fait partie de la première catégorie, rien ne vient ralentir ou stopper la lecture, toutes les nouvelles sont d’une écriture franche, serrée et nerveuse, comme je les aime. Il faut dire que je retrouve cet auteur dont j’ai déjà lu plusieurs romans noirs ou policiers, et que cela aide sans doute à se trouver à l’aise dans son univers.
Une nouvelle plus longue termine le livre, un court roman, qui m’a rappelé que l’auteur était aussi scénariste, notamment pour la série The wire, série réputée parmi les amateurs du genre. Dans cette nouvelle, le personnage principal n’est donc pas un dealer, un flic ou un indic, mais un scénariste qui se trouve plongé dans un drame tel qu’il aurait pu l’imaginer, ou pas, pour une série policière. Ce n’est pas ma nouvelle préférée, mais elle permet d’avoir l’impression de participer à un tournage, tellement descriptions et dialogues sonnent juste.
Bref, un solide recueil de nouvelles, dont certaines prennent à la gorge, à recommander de préférence aux lecteurs de romans noirs américains, ou à ceux qui veulent mieux connaître l’auteur de Washington.

Extrait : J’ai senti le regard du gamin me suivre dans la ruelle.
Je me suis glissé sur la banquette arrière de la voiture de Barnes, une Crown Vic banalisée, bleu nuit. Je faisais profil bas, la tête contre la portière, sous le niveau de la vitre pour que personne puisse me voir de dehors. Je fais toujours comme ça quand je roule avec Barnes.

L’auteur : Né en 1957 de parents d’origine, George Pelecanos est un pur produit de Washington DC, capitale des États-Unis où il vit depuis lors. Il a fait quelques études de cinéma et enchaîné les petits boulots. Dans les années 80, il travaille pour le cinéma et commence à écrire. Son premier roman est publié en 1992. George Pelecanos a également travaillé à l’écriture et la production de la série Sur écoute (The Wire).
288 pages.
Éditeur : Calmann-Lévy (mars 2016)
Traduction : Mireille Vignol
Titre original : The Martini shot

Projet 50 états 50 romans : Washington DC (les autres lectures et la carte agrandie ici)
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13 réflexions au sujet de « George Pelecanos, La dernière prise »

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