vie de lectrice

Une sorte de solitude…

Une réflexion de Galéa, entre autres, à propos d’un roman lu par Hélène, m’inspire ce billet, qu’on pourrait dire « d’humeur » si j’étais de bonne ou de mauvaise humeur à la suite de cette remarque, ce qui n’est pas le cas !

C’est donc d’humeur égale que j’ai envie de pousser un peu la réflexion. Pourquoi des romans encensés à leur sortie, dans le genre feel-good, comme Le liseur du 6 heures 27, ou un drame ancré dans le réel comme La maladroite, tant un roman historique américain comme Neverhome, ou un livre d’un auteur au-dessus de tout reproche comme Profession du père de Sorj Chaladon, pour citer des exemples assez récents, pourquoi donc ces livres ne voient-ils que des avis positifs à leur sortie, puis finissent par rencontrer des avis plus mitigés, voire carrément déçus ensuite ?


FullSizeRenderQuel lecteur ou blogueur ne s’est pas trouvé un peu seul après avoir lu des avis enthousiastes sur un roman, seul à ne pas voir du tout la magie opérer, ou à ne pas distinguer où l’auteur veut en venir, à tout simplement ne pas comprendre ce que les autres ont trouvé à un roman ? Cela peut être trois semaines ou trois mois après les avis dithyrambiques, ou seulement à l’occasion de la sortie en poche, mais on se retrouve tout autant seul, esseulé, solitaire, orphelin, avec son avis très très mitigé, pour ne pas dire carrément consterné !

J’ai une courte mais (je le crois) efficace explication à ce phénomène : la blogueuse, le blogueur, souvent à l’affut des nouveautés, qui aime à faire partager ses découvertes, ne se trouve pas dans le même état d’esprit que celui qui va découvrir un livre encensé. C’est une question d’attentes, mais pas seulement.
Prenons d’abord le cas du lecteur de nouveautés. Lorsqu’on a fait la démarche de fouiller des heures en librairie (ben oui, fouiller des minutes, ça ne sonne pas très bien !), de parcourir des catalogues d’éditeurs ou des magazines à la recherche de la pépite qui va nous faire vibrer, qu’on a déniché un roman qui semble correspondre à nos rêves les plus fous, n’est-on pas dans un état d’esprit qui nous fait trouver ce texte un poil meilleur que si nous en avions déjà entendu parler cent fois ? Le plaisir de faire découvrir un roman, un auteur, car c’est encore plus fort dans le cas d’un primo-romancier, ne vous fait-il pas légèrement surévaluer votre lecture, en toute bonne foi ? Votre avis ne va-t-il pas comporter plus de superlatifs, plus de comparaisons flatteuses avec des auteurs renommés, ou avec des romans précédemment lus, si vous vous sentez l’âme d’un défricheur, d’un découvreur de talents, voire une vocation ratée d’éditeur ? Cela toujours en toute sincérité, sans qu’entrent en compte une quelconque connivence avec l’auteur ou avec l’éditeur, ni encore moins la manière dont vous vous êtes procuré le livre… (ceci n’est PAS un billet sur les services de presse, qu’on se le dise bien !) Ce billet de découvreur est d’autant plus enthousiaste si on cerne bien ses propres goûts, et qu’on choisit donc, a priori, le livre le plus susceptible de nous plaire.IMG_0104

Occupons-nous maintenant du lecteur qui a pris son temps, qui a digéré cinq ou dix billets passionnés sur tel ou tel roman, sans oublier la presse ou la radio qui ont peut-être enfoncé le clou, vous promettant des heures délicieuses de lecture. Vous vous installez confortablement, prêt à savourer mots et phrases… Souvenez-vous, vous n’êtes plus un défricheur à la recherche de la petite phrase, du paragraphe à nul autre pareil, vous êtes simplement quelqu’un qui ne veut pas rater ce livre si délicieux, passionnant ou à couper le souffle qu’on lui a promis. Posez-vous la question : auriez-vous choisi ce livre entre tous, si vous n’aviez dû n’en choisir qu’un ? Semble-t-il correspondre à vos goûts profonds ? Ou bien l’avez-vous choisi sur la foi d’avis enflammés ? De billets remplis d’émotion et de frisson ?

Si c’est plutôt le deuxième cas, sachez que vous allez peut-être aimer, c’est heureusement possible de sortir de ses goûts habituels et d’adorer… Mais bien souvent, après tout, comme vous n’êtes pas dans la position de découvreur, votre esprit critique va prendre le dessus, et vous allez repérer tout ce qui ne vous plaît pas : trop de pathos ou trop de folie douce, un humour qui n’est pas le vôtre, un cynisme qui ne vous correspond en rien, etc… Et vous précipiter vers la fameuse déception qui en découle. Ajoutons à cela que certaines quatrièmes de couverture, voire certains articles de presse, en disent bien trop, et que la joie de découvrir telle péripétie ou telle phrase-pépite est sérieusement éventée. Les phénomènes conjoints du choix-qui-ne-vous-correspond-guère et du « divulgâchage » risquent fort de vous empêcher d’admirer ce texte, là où le fait d’être parmi les premiers à découvrir un écrit tout neuf vous aurait fait, peut-être, sinon l’adorer, du moins l’apprécier davantage.
IMG_0286J’avoue être prudente, dorénavant, lorsque fleurissent les premiers avis sur un jeune auteur ou sur un roman fraîchement sorti, mais j’invite aussi les lecteurs de ce blog à se méfier de mes (rares) enthousiasmes lors de la parution d’un nouveau roman encore très peu vu ailleurs. Je ne suis pas critique professionnelle, je ne donne mon avis sur les livres qu’à l’aune de ce que j’ai ressenti à la lecture, il se peut donc que j’adore l’originalité, la fraîcheur, la nouveauté d’un texte, et que mon enthousiasme retombe un peu quelques temps plus tard. C’est un fait assez général, les bilans de fin d’année sont sans doute beaucoup plus fiables que les billets écrits à chaud !

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67 réflexions au sujet de « Une sorte de solitude… »

  1. Belle analyse ! Je partage ton avis, et j’apprécie tout particulièrement la dernière phrase de ton billet, qui me semble très pertinente. En ce qui me concerne, j’évite de lire des livres dont je subodore qu’ils ne sont pas faits pour moi, y compris (surtout ?) lorsque ceux-ci collectionnent les avis dithyrambiques dans la presse ou sur les blogs.

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  2. C’est vrai qu’après certaines lectures, on peut se sentir euphorique et user, abuser, de superlatifs, mais c’est si bon d’aimer un livre, alors on voudrait partager notre émotion. Je n’ en voudrai jamais à un(e) blogueur(se) d’ être »trop » ! Par contre, ce qui m’ énerve beaucoup, c’est l’ emballement médiatique, le « coup », et les quatrièmes de couverture qui te laissent croire que c’est le meilleur livre de tous les temps…Là, tu te sens vraiment floué(e)

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    1. Les médias et la littérature… pour moi, c’est uniquement commercial, et les livres qui font parler d’eux, eh bien, c’est une question de moyens, et toutes les maisons d’éditions ne sont pas à la même enseigne ! Quant aux quatrièmes de couverture, j’évite de les lire au-delà de quelques lignes… D’accord avec toi aussi, on ne peut pas en vouloir aux blogueurs trop enthousiastes !

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  3. « Je ne suis pas critique professionnelle, je ne donne mon avis sur les livres qu’à l’aune de ce que j’ai ressenti à la lecture, il se peut donc que j’adore l’originalité, la fraîcheur, la nouveauté d’un texte, et que mon enthousiasme retombe un peu quelques temps plus tard.  » Je me retrouve !

    Je viens de terminer un livre (encensé sur les blogs) et pour moi, c’est une déception…

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    1. Parfois des romans nous parlent aussi à cause d’un thème qu’on aime particulièrement… Je me souviens avoir adoré lire « Tout ce qui est solide se dissout dans l’air » à la rentrée et avoir été surprise par d’autres avis plus critiques. Le sujet me parlait, la traduction était bonne, je m’étais laissé emporter sans en voir les défauts. J’aurais sans doute réagi différemment si j’avais tout su de l’histoire à l’avance et lu tout un tas d’avis…

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  4. Je suis je pense assez d’accord avec toi. Personnellement, j’ai plutôt bon caractère dans tout ce que je fais. Cela me fait aimer des livres qui me font passer un bon moment, tout en sachant que je n’ai pas lu un chef d’oeuvre. Parfois, je sais que je ne l’exprime pas clairement ou suffisamment car des gens me demandent en commentaire si j’ai aimé ou pas.

    Un jour j’ai eu un commentaire d’un monsieur qui me disait qu’on était dans une époque où il fallait que tout soit noir ou blanc. Soit on aime, soit on n’aime pas. Dans les billets de blogs, cela se ressent aussi. On va être soit très positif, soit très négatif.

    De plus, les avis mitigés ne sont pas forcément exprimés clairement. Il m’est arrivé de lire dans les commentaires deux compréhensions différentes : un qui pensait que l’auteur du billet avait adoré et l’autre qui pensait qu’il y avait beaucoup de bémols tout de même. Je crois que cela peut tromper quand on lit des avis de blogs, qu’on ne connaît pas forcément bien. En tout cas, dans mon cas, cela me le fait souvent.

    J’ai souvenir d’un livre de John Banville que j’avais reçu avec 4 autres lecteurs (je crois au temps de BOB). J’étais la seule à avoir aimé (et vraiment beaucoup en plus). Je me suis sentie bien seule sur ce coup là. La solitude marche dans les deux sens 🙂

    Je n’aime pas trop lire des livres que tout le monde a aimé car j’ai l’impression, un peu comme pour les classiques qui ont eux l’avantage de la langue normalement, de lire des livres dont je connais l’histoire. Mon truc pour éviter cette solitude : tu repères le livre qui semblent correspondre à tes goûts, tu l’achètes ou tu le notes, tu laisses moisir deux ans et tu lis sans relire d’avis de blogs. Si tu cernes correctement tes goûts, cela te plaira forcément et tu auras passé l’envie d’aimer ce livre (en tout cas pour la plupart des livres).

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    1. Merci pour ce long commentaire, Cécile ! Ton truc de laisser passer deux ans me semble tout à fait une bonne idée, et la taille des piles à lire ainsi que le temps pour attraper les nouveautés dans les bibliothèques s’y prêtent bien l’un et l’autre !
      J’évite aussi de lire trop de billets quand je sais qu’un livre est susceptible de me plaire et que je suis sûre de l’acheter.
      Quant à l’époque du tout noir ou tout blanc, ça me parle aussi, tant dans les commentaires sur l’actualité que dans les avis critiques. Peut-être est-ce plus difficile d’émettre un avis partagé… il faut dire que sur les blogs, au moindre petit bémol sur un livre, tout le monde te déclare ne plus vouloir le lire ! Les avis un peu excessifs correspondent à une sorte de demande ! (je pourrais refaire un autre billet là-dessus, tiens !) 🙂

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  5. Billet très intéressant qui me donne à réfléchir.Les blogueurs et blogueuses ont déjà le gros avantage par rapport aux critiques professionnels d’avoir lu eux-mêmes les livres dont ils parlent, c’est assez évident que les critiques de presse ont un service de communication qui lit pour eux les livres. Ils ou elles ne sont tenues par aucun lien financier aux maisons d’édition. Ils ou elles choisissent librement leurs lectures, là il y a un petit détail, il nous arrive d’être sollicités par Babelio ou autres maison d’édition, j’ai décidé et je ne suis pas la seule de ne plus répondre. J’avais alors du mal à critiquer un livre qu’on m’avait offert. Je ne lis des nouveautés que dans le cadre de mon club de lecture sinon je lis plutôt des romans dont vous avez parlé positivement. Je suis rarement déçue mais il est vrai que peu à peu, je sais avec quel blogueurs ou blogueuses j’ai plus d’affinités . Je me laisse aller parfois à l’enthousiasme de blogs au style différent du mien et j’ai eu de bonnes surprises. J’ai vraiment ri à « la fractale des raviolis » livre vers lequel je ne serai jamais allée sans les blogs. Il existe, je crois, des livres légers et qui plaisent le temps d’un été, et des livres qui sont définitivement en nous et qu’on a plaisir à lire et relire. Et je suis aussi très surprise par le manque total d’intérêt de livres consacrés autrefois par la seule critique: j’ai essayé de relire Roger Martin du Gard, j’ai trouvé ça nul, bavard et tellement lourd. Voilà mes réflexions après ton billet

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    1. Merci pour ces réflexions, Luocine. C’est un fait que connaître les blogs avec lequel on a des affinités aide à choisir ses lectures, toutefois la variété des lecteurs est telle qu’on finit toujours, même avec les plus proches, à avoir au moins un avis divergent. Il y a tellement de paramètres qui interviennent entre le livre et le lecteur ! Je suis d’accord qu’on a parfois de bonnes surprises à sortir un peu de ses propres « sentiers battus » pour aller vers d’autres genres. Les attentes sont-elles moins grandes ?
      Quant aux critiques professionnels, je ne sais pas trop comment ils fonctionnent, et il m’arrive de leur faire confiance, beaucoup plus aveuglément sans doute que lorsque je lis un article sur tel ou tel blog que je suis depuis un moment.

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  6. Comme toi, je pense que l’excès de dithyrambe n’est généralement pas une « tactique » du/de la blogueur/blogueuse mais un élan sincère pour partager son enthousiasme avec les lecteurs dans l’euphorie du moment (comme on prend plaisir à partager une bonne adresse, un bon plan avec ses amis).
    Un moyen d’éviter ce genre de désagrément (et je n’ai pas été épargné ! Les échecs les plus cuisants restent à ce jour L’élégance du hérisson ou plus récemment En attendant Bojangles), c’est de toujours se référer aux quelques blogs avec lesquels on partage le plus d’affinités et dont les avis correspondent au plus près des siens.
    Un autre est de ne se laisser tenter que par les nouveautés de ses propres auteurs « valeurs sûres » (les risques de déception sont ainsi réduits… mais toujours possibles) et, pour les autres nouveautés, prévoir un temps de décantage pour aller peser le pour et le contre avec plus de discernement sur les blogs.
    Plutôt que l’excès d’enthousiasme (qui fait toujours plaisir à voir), c’est l’effet de nivellement qui me dérange, quand on montre un enthousiasme égal face un livre « détente » (que je ne condamne pas puisque j’en lis aussi, souvent, avec un plaisir certain) et un livre plus abouti. Même si ce n’est pas politiquement correct (et que cela peut sembler prétentieux de ma part), on ne peut pas mettre tous les romans, tous les auteurs, sur un même plan. Certains font passer un moment agréable mais s’effaceront des esprits au bout de quelque temps. D’autres, en revanche, marqueront la vie du lecteur.

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    1. Tu es sage, et tes moyens d’éviter les déceptions le prouvent ! Je remarque que tu as tout de même été pris dans les filets de En attendant Bojangles, que j’ai soigneusement évité jusqu’ici, et à te lire, j’ai bien fait ! 🙂
      Ton dernier paragraphe est intéressant, et je me suis penchée sur mes derniers billets pour voir s’il ne m’arrivait pas de présenter un p’tit polar et un grand roman avec le même enthousiasme ! Je ne crois pas, mais je ne suis pas à la place du lecteur qui lit mon avis. Comme le dit Cécile plus haut, quand on connaît bien l’auteur d’un billet, il est plus facile de cerner son avis, de sentir à quel degré d’enthousiasme il est, ou de reconnaître un avis mitigé qui ne s’annonce pas forcément haut et fort ! Certains blogueurs sont plus « bon public » que d’autre, il faut le savoir…

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  7. Cela m’est arrivé il n’y a pas longtemps avec un roman encensé partout… »les derniers jours de Rabbit Hayes » je n’ai absolument pas compris l’engouement :-O j’ai trouvé çà mal écrit, pathos . Je ne comprends pas.

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    1. Je n’ai pas entendu parler de ce roman, ou alors très peu, et je ne rate rien, je crois… J’ai dû penser que ce n’était pas pour moi. Ces déconvenues restent tout de même relativement fréquentes, et j’essaye maintenant de ne plus me précipiter, même si un achat spontané de temps en temps m’arrive encore, pour laisser décanter un peu les avis lus.

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  8. Comme le dit si bien ICB: prévoir le décantage… c’est ce que je fais depuis Elle s’appelait Sarah ou encore La route (je vais me faire des amis, je sens 😉 ). Je suis en tout point d’accord avec ce que tu dit. Tant pour le côté sur-enthousiasme, que sur la déception d’autant plus grande que les billets lus étaient élogieux. Je ne lis donc plus que fort rarement des romans « dela rentrée ». Je vais à mon « petit » rythme. 🙂

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    1. Laisser décanter est en effet la sagesse ! Pour autant, je suis toujours attirée par les nouveautés, j’ai du mal à résister surtout aux nouveautés qui correspondent à mes goûts et dont on n’a pas trop encore entendu parler. Parfois, je trouve des pépites, parfois je me trompe et c’est une lecture sympa, sans plus… voire un échec !

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  9. Que rajouter, sinon que je suis d’accord. En fait, nous sommes avant tout des passionnées, nos emballements sont sincères, pour moi, je suis bon public, j’ai mes faiblesses avec certains auteurs à qui je pardonne tout. Quant au reste, la presse, les médias – et même parfois mon libraire – j’écoute, je lis, mais je fais l’impasse sur leurs avis, je préfère vos avis, vous autres blogueuses( ben oui, beaucoup de nanas quand même ) , et puis le blog, c’est fait pour ça, s’emballer, s’exclamer, aimer et ronchonner parfois. Enfin, un espace de liberté.

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    1. Tout à fait, je ne reproche pas aux blogueurs et blogueuses leurs emballements, c’est un peu comme pour les libraires, dirais-je, mais voilà, après un certain nombre de billets élogieux, arrivent forcément les déceptions… J’ai oublié un paramètre aussi, c’est que les premiers déçus ne font pas toujours un billet, soit que leur abandon soit intervenu trop tôt, soit qu’ils n’aiment pas écrire des billets sur les livres qu’ils n’ont pas aimés.

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  10. Très intéressant ce billet. Je suis tout à fait d’accord, et je reconnais que je suis peut-être plus critique avec les livres qui ont été encensés mille fois car j’en attends beaucoup plus évidemment et souvent je suis en décalage ! Mais je crois aussi que j’ai eu tort pour « le liseur de 6h27 » de me lancer dans une lecture qui a priori n’avait rien pour me plaire. Comme dit Laurent il faudrait plus souvent s’écouter soi-même et choisir des titres en adéquation avec nos goûts personnels et non pas avec les goûts du plus grand nombre… J’ai clairement plus de chances d’aimer un livre de Nature Writing qu’un roman français contemporain ;_)

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    1. Pour Le liseur du 6h27, je t’ai sentie vraiment énervée, mais comme le dit Laurent, et comme tu le constates, se laisser entraîner à lire des romans qui ne sont pas vraiment en accord avec nos goûts apporte souvent des déconvenues. Ceci dit, je suis toujours attirée par la littérature étrangère, mais je remarque que grâce aux blogs et aussi aux disponibilités de mes bibliothèques, je lis plus de littérature française contemporaine depuis quelques années, et j’y ai fait quelques très belles découvertes et d’autres plus sympathiques et oubliables…

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  11. Voilà, Hélène, tu auras permis de lancer un sujet de conversation très intéressant ! J’apprécie énormément mon statut de « blogueuse » qui me permet d’écrire des avis dithyrambiques, ou au contraire, mitigés – j’ai rarement eu de grosses déceptions, et si rien ne me plaît, j’abandonne ma lecture (après une bonne cinquantaine de pages, voir plus …). Mais comme le disent les autres blogueurs, on finit par « se connaître » et même si on a un esprit ouvert, on reste forcément imperméable à certains thèmes, styles .. Je le sais, il y a certains auteurs, célébrés, encensés, par les médias et les blogueurs, qui ne me « parlent pas »- je passe mon chemin tout simplement. Fort heureusement, il y a tant à lire ! Pour les avis enthousiasmés, je précise que je passe aussi des heures à chercher le bon livre et sinon, je suis beaucoup l’avis de plusieurs blogueurs dont je me sens proche et enfin on est souvent fidèle à une dizaine d’auteurs, donc forcément nos avis sont souvent positifs car on a trouvé « notre style » comme le reconnaît Hélène ici.
    Pour ma part, ça m’arrive souvent de ne pas aimer les romans qui font trop la une, j’ai le même souci pour les films, la musique .. quand on en parle trop – j’ai tendance à fuir. J’emprunte aussi beaucoup, donc je lis souvent les « succès » avec du retard et je n’ai plus alors en tête tous les avis ce qui est mieux. Les bilans annuels permettent effectivement de faire un nouveau tri et de voir ceux qui nous ont marqués.
    Je me sens tout à fait libre dans mes propos et je reçois quelques livres en SP (très peu) et j’ai toujours commenté librement mes avis. Ce qui m’interroge ce sont certains journalistes qui se disent « critiques » or la critique semble avoir totalement disparu de leurs chroniques !
    Bref, je suis vraiment heureuse dans mon petit monde d’amoureux des livres !

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    1. Merci pour ce long commentaire, nous avons des pratiques de lecture assez similaires (à propos des abandons, des blogueurs dont on se sent proche, de la lecture des livres à succès…) C’est vrai qu’en ce qui concerne les avis de la presse, des médias en général, on peut se poser des questions ! J’aime bien le magazine Lire, mais il n’y a dedans aucun avis négatif, même mitigé… et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

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  12. C’est un billet très intéressant et qui tombe à point nommé pour moi, en plein dans ce genre de réflexions…Et tu ne pouvais pas choisir de meilleur exemple pour moi que Le liseur du 6 heures 27, roman qui m’avait tellement déçue après avoir été tellement célébré…

    J’ai eu tendance ces dernières années à me lancer quand je voyais des critiques très positives…et souvent je me disais que « oui bon, c’est sympa mais… » et que finalement j’étais toujours bien contente de les avoir emprunté et pas acheté!
    Alors qu’avant, j’avais beaucoup de coup de cœur, je me suis mise à collectionner les lectures sympa mais bof…

    La blogosphère m’a permise de faire des découvertes magnifiques, mais j’ai décidé dernièrement de « m’écouter » plus et de savoir mettre de côté si je pensais que cela n’allait pas forcément me plaire, même si c’est le coup de cœur d’une blogueuse que j’aime beaucoup! Ce qui n’est pas simple quand tout le monde l’encense!

    Quand à ta dernière réflexion, c’est tout à fait ça : un bilan de fin d’année est bien plus représentatif que les billets écrits à chaud!

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    1. Tu as bien raison de suivre plus tes goûts « naturels », cela réduit le risque de déconvenues. J’ai remarqué aussi que c’était plus satisfaisant. Je note beaucoup de titres en parcourant les blogs, mais j’écrème quelques temps après. Peut-être cela me fait-il rater des livres que j’aurais aimé, mais bon, vu le nombre de parutions annuelles, il me reste encore une liste bien longue !

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  13. Je pense en effet que la notion d’attente est capitale.
    Et je sais qu’en ce qui me concerne, je suis capable d’avoir des enthousiasmes très vifs. Mais j’essaie toujours d’argumenter, d’expliciter ce qui suscite mon engouement, car je suis bien consciente que ce qui me plaît et m’intéresse personnellement ne correspond pas forcément à ce à quoi est sensible une autre personne (c’est d’ailleurs également vrai pour les livres que l’on n’a pas aimés).
    Quant aux critiques professionnels, je ne sais pas ce que cela signifie. C’est une même question d’argumentation – et de plume aussi, certes. Mais il en est certain qui ne savent parler d’une oeuvre sans la spoiler. Je n’accorde pas forcément plus de foi au commentaire d’un « pro » à que celui d’un amateur éclairé !

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    1. C’est vrai que tes enthousiasmes sont bien argumentés et permettent de savoir à quoi s’en tenir, mais je crois que tu as un bagage littéraire qui te le permet. Chaque blog a son style de billet, et il est parfois plus difficile de savoir si on va aimer un livre en lisant les billets. Quant aux critiques professionnels, ils écrivent souvent fort bien, savent accrocher le lecteur dès les premiers mots, mais vont souvent trop loin, effectivement, au lieu de donner simplement envie de partager leur lecture.

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  14. C’est toujours intéressant de lire des réflexions à ce sujet. La lecture n’est pas une science exacte! Elle dépend de nombreux facteurs. Effet de découverte, comme tu le soulignes. Humeur du moment. Avis cueillis ici et là. Parfois, un même livre lu à quelques années d’intervalle n’a pas du tout la même saveur. Je reçois des SP, je lis des livres empruntés dans ma médiathèque ou achetés. Des romans adulte et jeunesse, des essais. J’écris mon billet rapidement ou pas, tout dépend. Il n’y a pas de loi. Je suis consciente de ma totale subjectivité, mais je suis sincère dans mes enthousiasmes comme dans mes déceptions. C’est la seule chose qui me guide, et ce quelle que soit la manière dont j’ai eu le livre entre les mains.

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    1. On finit par repérer rapidement les blogueurs sincères, et c’est uniquement de ceux-là que je parle, ceux dont j’aime les billets enthousiastes. Le plus difficile est de se connaître soi-même suffisamment pour résister et ne pas se précipiter sur ce qu’on ne va pas aimer ! Ou alors se résoudre à attendre pour emprunter. C’est ce que je fais de plus en plus !

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  15. Belle analyse, avec laquelle je suis d’accord. Pour ma part, j’essaie de me fier à mon instinct, en fonction de mes goûts, et il est rare que je me laisse tenter par un livre encensé dont le sujet ne m’attire pas du tout. Je sais que dans ce cas, je risque d’être déçue.
    D’autre part, une fois que j’ai acheté un livre, je ne lis plus aucun avis à son sujet, de peur d’être influencée.
    Quant à mes critiques, il est vrai que je suis assez bon public, à partir du moment où certains critères de base sont remplis, notamment concernant l’écriture. Pour le reste, c’est une question de goût, mais aussi de moment : un livre sera apprécié différemment selon qu’il suivra un livre très mauvais ou un grand roman ! D’où l’intérêt des billets récapitulatifs en effet.
    Quand le livre ne me plaît vraiment pas, je choisis toujours de ne pas en parler sur mon blog. Je respecte trop le travail des auteurs pour me permettre d’éreinter un livre. Même si j’ai reçu ce livre en SP, je ne publierai dans ce cas aucune chronique. En revanche, je participerai aux commentaires d’autres blogs en donnant mon avis,.

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    1. J’aime beaucoup tout vos commentaires, qui malgré quelques réflexions communes, font apparaître des diversités, par rapport aux livres non aimés, par exemple. Cela pourrait provoquer un autre débat très intéressant. Je critique très rarement avec virulence un livre qui m’est tombé des mains, je n’en parle parfois pas du tout, sauf si l’auteur est très médiatisé et que je suis très déçue (je me souviens de Sylvain Tesson, par exemple).

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  16. Quoiqu’on fasse, une lecture reste quelque chose de très personnel, dont la réception varie en fonction du vécu, du moment, du contexte … et rien ne garantit jamais que nous aimerons ce que des lecteurs proches de nous ont aimé. Je réagis de moins en moins à chaud avec mes achats, je me méfie des emballements collectifs, encore que récemment, j’ai bien fait de suivre le mouvement (En attendant Bojangles). Je fais de plus en plus attention à mes goûts profonds et je connais rarement des flops. A mon âge, ce serait dommage que je ne cerne pas un minimum mes goûts et mes aspirations !!

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    1. Tu as de la chance, il m’arrive encore souvent de me tromper en essayant de sortir de mes sentiers habituels ! Mais je limite les dégâts en empruntant beaucoup. Et si je me suis vraiment trompée lors d’un achat, ça fait le bonheur des libraires d’occasion ou des personnes qui fréquentent les « boîtes d’échange » de mon quartier !

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  17. …comme quelqu’un l’a dit précédemment, on est d’abord plus ou moins « bon public » 😉
    beaucoup de blogs encensent à tout va …car probablement leurs rédacteurs le sont ?
    Ce que j’aime c’est qu’un billet me fasse comprendre le coeur du livre, ce qu’on peut y aimer, et j’ai parfois lu des billets très beaux qui me parlaient de livres que je sentais bien que, moi, je n’aimerais pas ( euh…c’est clair,ça ?…) Ce qui me gonfle un peu, en revanche c’est le billet vite torché ( eh oui, ça se sent bien, parfois…) qui ne sait pas dépasser le stade du  » lisez ça c’est formidable  » alors que c’est juste sympa et/ou facile à lire, au fond…

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    1. Oui, on finit par connaître les blogueuses qui ont le coup de coeur facile, ce qui est sympa, mais n’aide pas toujours à choisir ! Tu as raison aussi, pour ta dernière phrase, mais on détecte quand même assez facilement le livre sympa et un peu facile, même si ce n’est pas dit explicitement dans le billet, non ?

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  18. …et merci à Galéa, qui, quoique retirée ( tres momentanément bien sûr) des voitures , trouve l’occasion de générer une discussion polémique quoique polie ( pour l’instant ) :-))

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  19. Pfou j’ai lu le billet (avec paragraphe doublon, non? ^_^) et les commentaires, alors je n’ai plus trop à dire. D’accord avec la plupart, peut être particulièrement ex ICB? Je viens juste de terminer des livres très peu (ou pas) vus sur les blogs, dont j’aimerais qu’ils le soient, et bien sûr mon avis ne sera peut être pas trop posé, mais tant pis. Le côté ‘partage’, quoi.
    C’est Le liseur qui a lancé l’affaire, oui, sympa, et d’ailleurs je préfère le suivant de l’auteur, mais bon, on sait faire la part des choses entre le sympa mais avec des qualités quand même et le chouchou for ever dont on lit toute l’oeuvre (Stegner, Schoeman pour ma part)(et j’assume ^_^)
    J’avoue juste parfois un peu trop d’enthousiasme pour un bouquin qui n’est que sympa et ne restera pas, mais le plaisir de lecture a existé…

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    1. Merci pour m’avoir signalé le paragraphe en double, wordpress m’agace parfois à changer la mise en forme ce qui fait que je recolle les paragraphes avec l’écriture et la couleur qui me convient, et ces bidouillages me font rater les redites.

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    1. Je fais partie de celles et ceux qui ont aimé La route, mais ce doit être le genre de roman dont il faudrait ne pas trop avoir entendu parler pour mieux apprécier. Il peut aussi receler quelque chose qui gêne fondamentalement certains et pas d’autres…

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  20. C’est typiquement pour ce genre de problème que je ne fais pas en règle générale de billets négatifs, j’ai souvent des scrupules à descendre un livre dont je pense qu’il peut plaire à certains, j’ai des goûts parfois un peu marginaux alors je me méfie de mes avis trop tranché

    Le ras le bol médiatique existe aussi en effet, à trop voir un livre sur les blog, dans la presse, à la radio j’ai envie de faire l’impasse quitte à le regretter parfois bien des mois après mais il n’est jamais trop tard pour lire un bon livre

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    1. C’est vrai qu’il vaut mieux faire l’impasse sur certaines nouveautés quitte à se rattraper après… Je fais rarement des billets négatifs aussi, d’autant que je n’hésite pas à abandonner au bout de quelques dizaines de pages si je sens que le livre ne va rien m’apporter. Ce qui ne veut pas dire qu’il est mauvais !

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  21. même sentiment que Dominique. J’essaie de choisir des livres qui me plaisent, des auteurs etc.. parler de choses que je n’aime pas ne m’intéresse pas, aussi c’est assez rare que je fasse un billet contre un livre en particulier. Le choix des livres, ce que l’on attend d’eux, ce n’est pas une science exacte, fort heureusement il y a aussi une part de magie dans ce qui nous fais aimer ou pas un livre, un univers, un auteur. J’aime les blogs où l’on parlent de littérature parce que cela me donne des orientations, cela me guide, pour mes choix de lecture. J’ai une longue liste d’ouvrages que j’ajoute sur ma liste livres Fnac. Ensuite je pioche dedans quand viens l’heure de faire un choix. Ton article est vraiment intéressant, cela permet de mieux appréhender ta façon de procéder. Passe une bonne après-midi 🙂

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    1. Nos blogs sont notre plaisir, et si les avis négatifs y sont moins nombreux que les positifs, c’est aussi parce que nous n’avons pas envie de perdre du temps à critiquer un livre qui ne nous a pas convenu.
      Tout autre est le cas des livres vraiment décevant alors qu’on le voit partout ! On a parfois envie de montrer les dents, mais c’est rare !

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  22. C’est une très bonne proposition que tu fais là. Peut-être en effet sommes nous influencés par l’enthousiasme sans pouvoir lire dans les mêmes conditions. J’ai lu La Maladroite dont tu parles à sa sortie pourtant, mais il y avait déjà des avis très enthousiastes et je me suis sentie toute seule à ne pas avoir aimé (et nous ne sommes toujours pas beaucoup d’ailleurs). Chaque fois que j’esquisse une discussion, je suis d’ailleurs un peu renvoyée dans les cordes, mais c’est un autre sujet. Quant à Profession du père dont tu parles aussi, je me suis plutôt fiée au nom de l’auteur qu’aux avis, je voulais le lire de toute façon. Mais la déception a été identique.
    J’aime en tout cas ton idée de lire plutôt les bilans, ce qui nous permet aussi de ne pas nous jeter sur notre libraire pour lui demander un livre là tout de suite qui viendra s’empiler sur notre PAL 😉

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    1. C’est amusant parfois, les achats d’impulsion, mais pas toujours ceux qui procurent les lectures inoubliables ! D’ailleurs, mes romans « chouchous » sont souvent des poches, achetés donc au moins un an ou deux après avoir lu des bons avis sur le livre.

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  23. Bonjour Kathel, ton billet est très intéressant. En général, je me fie à mon instinct pour choisir une lecture (le résumé par exemple). Je lis bien entendu les avis sur tel ou tel livre sans forcément me précipiter dessus. En revanche, j’essaye de partager mon enthousiasme comme pour le dernier Pujade-Renaud superbement écrit et je n’ai pour le moment pas lu d’avis sur ce roman mais cela ne me chagrine pas plus que cela. Et concernant le Bourdeaut et son « Bojangles », j’avoue que je ne comprends pas l’engouement à son sujet. Bonne après-midi.

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    1. Tu as raison d’évoquer aussi les romans qui nous touchent profondément, que nous aimerions faire connaître à tout le monde, sans que ça marche vraiment. Du coup, ça n’en est que plus agaçant de voir des billets enthousiastes sur des livres un peu légers… Mais, bon, personne n’attend exactement la même chose d’un bon livre.

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  24. ça m’arrive souvent d’être en décalage, de même qu’il m’arrive de m’enthousiasmer pour un livre qui, après quelques mois m’est complètement sorti de l’esprit, ce qui tendrait à prouver qu’il ne fut pas vraiment digne de cet emballement… mais comme j’écris mes articles assez peu de temps après ma lecture, c’est le risque. Pour être très objectif, il faudrait prendre un peu de recul et se construire une grille de lecture claire et précise, mais ça enlève un peu de magie à la lecture

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    1. Oui, des livre qui soulèvent un enthousiasme de courte durée, ça arrive, ça ne veut pas dire heureusement qu’ils soient mauvais, juste un peu moins durables… Quant à avoir une grille de lecture, oui, ça enlève de la magie, comme des notes trop précises. Qui aurait envie de lire un roman que je noterais 13,5 ?

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  25. J’ai lu ton article avant-hier et j’étais assez d’accord avec tout ce qui était dit, mais je n’avais rien à ajouter de nouveau. Et puis paf ! Je lis un livre encensé par tout le monde, et je n’aime pas particulièrement. Mais pourquoi donc ? Je pense aussi que ça dépend du roman qu’on a lu juste avant. Le précédent, était, pour ma part, un excellent roman avec un vrai style et j’ai été enthousiasmée. Il est donc, je crois, très difficile de passer après une belle expérience de lecture… Il faut que le roman soit vraiment à la hauteur…

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    1. C’est un point important aussi, que le livre qui est passé avant (voire en même temps, car il m’arrive d’en avoir deux en route). ça doit marcher dans les deux sens aussi, après une grosse déception, on peut être un peu plus indulgent ! 😉

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  26. Trop d’enthousiasme tue l’enthousiasme ? 🙂
    Je pense que c’est normal qu’on soit plus critique quand on a de très grosses attentes d’un livre encensé. Ça vaut aussi pour les classiques de la littérature. Quand on nous dit que c’est génial, on s’attend à du génial. Si on a l’impression de passer à côté ou qu’on n’adhère tout simplement pas, on est forcément déçu (du temps passé à cette lecture, vu notre PAL et d’autres tentations).

    Pour ma part, je vois déjà si la thématique me parle, si le style me correspond, je sais que ce qui a enthousiasmé quelqu’un ne m’enthousiasmera pas forcément, et inversement. Bien sûr, comme beaucoup, il y a des avis auxquels je me fie et d’autres non. Pas une question de doute sur les avis mais une question de doute sur les goûts communs, et surtout la sensibilité, la perception et la compréhension d’un ouvrage. Nous ne recherchons pas tous la même chose non plus dans la lecture. Nous n’en avons pas les mêmes attentes dès le départ. Certains sont très contents du pur divertissement, d’autres attendent autre chose de la lecture. J’ai lu il y a peu un excellent ouvrage (attention, gros enthousiasme haha), « Que voit-on quand on lit ?’, une étude sur la phénoménologie de la lecture que j’ai trouvé passionnante et qui m’a permis de comprendre un peu mieux pourquoi on réagissait si différemment à la lecture d’un même livre. Pas trop une question de goûts mais plus d’expérience et de vécu, de sensibilité aussi.

    Et sinon, je lis très peu de livres qui font la une dans la foulée, surtout parce que j’ai une PAL/LAL qui ne me le permet pas, et avec le temps, l’envie de lire ces nouveaux livres s’émousse. Je suis d’ailleurs assez peu de blogs qui mettent très souvent les nouveautés en avant, juste un ou deux, histoire de ne pas perdre le fil. Je privilégie les découvertes plus personnelles au gré des lubies des uns et des autres, mais souvent, je tombe sur des billets parlant d’un livre encensé sur la blogo, dont je n’ai pas entendu parler, et vraiment, j’ai l’impression d’être hors-blogo sur le coup.:-) Mais ce n’est pas très grave au final, je me sens comme préservée.

    Ceci dit, j’ai fait l’expérience de lecture de livres encensés, des mois/années après donc, en me prenant une claque tellement c’était bien. Et j’ai connu aussi la déception à la lecture, des mois/années après, de livres encensés. Qu’en conclure ? 🙂 Question de sensibilité, de périodes de lecture propice… ? Difficile à dire.
    Et sinon, quand un livre a un vrai succès commercial, avec médias à l’appui, blogo et hors blogo, même si je ne le sens pas, j’aime quand même bien voir par moi-même de quoi il retourne pour essayer de comprendre le phénomène. Là, je n’ai pas vraiment d’attentes, juste de la curiosité. Mais pareil, je ne me précipite jamais vraiment.

    Dernier point qui me semblait intéressant de souligner. Comment expliquer aussi qu’on puisse être déçu à la relecture d’un livre qui nous a enthousiasmé à une époque ? Ah ! Ça aussi ça mérite tentative d’analyse, non ? 😉

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    1. Houlala, tu ouvres beaucoup de pistes intéressantes, je ne vais pas répondre à tout point par point, car ça mériterait des billets entiers ! 😉 Je note que tu parles des déceptions concernant les classiques de la littérature. Les classiques peuvent être simplement datés, ou alors, on en a trop entendu parler, ou on a lu trop de choses un peu similaires, et donc l’effet de nouveauté ne fonctionne pas.
      Quant aux relectures d’un livre qui nous a emballé, relectures qui se soldent par des déceptions, n’est-ce pas aussi parce que le plaisir de la découverte est émoussé ? Même si c’est très bien écrit, même si le thème nous parle toujours. Mais je suis sûre que d’autres explications pourraient être avancées.

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  27. Oui, c’est tout à fait vrai. Ce sentiment de solitude. je l’avais ressenti avec « La délicatesse » de Foenkinos, que je n’avais pas beaucoup aimé et qui avait été encensé sur les blogs. Je ne voyais pas trop ce qu’on trouvait à ce roman. Et puis je n’aime pas toujours qu’on brosse le lecteur dans le sens de son poil, et certaines femmes peuvent être elles aussi très poilues même si elles ont pour tradition de s’épiler et de chasser le poil de leur moustache. je blague mais il me semble que parfois certains livres cherchent à amadouer le lectorat féminin avec un max de bons sentiments et de délicatesse.

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    1. C’est intéressant ce que tu dis à propos des auteurs ou sans doute surtout des éditeurs qui essayent de satisfaire un certain lectorat féminin (à coup de chatons mignons et de feel-good à hautes doses !) 🙂

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  28. Tu as fait une analyse très juste et pertinente. Chaque lecteur a éprouvé ce sentiment de solitude en n’aimant pas un livre encensé par les blogueurs ou les critiques.
    Personnellement j’aime autant aller à la découverte de nouveautés que de suivre les conseils des autres blogueurs. Cela m’a permis d’aller à la rencontre de livres ou d’auteurs vers lesquels je ne serai pas allée spontanément. Alors, il m’est parfois arrivé d’être déçue mais j’ai également fait de très belles découvertes.

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    1. Je préfère aussi sortir un peu des sentiers battus, et il nous arrive de nous y retrouver, d’ailleurs ! J’aime bien tes choix ! (mais comme avec tout le monde, il y a des livres sur lesquels nous ne nous rejoignons pas… même si je n’ai pas d’exemple en tête)

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  29. J’aime beaucoup le ton de ce billet. Constructif et non polémique.
    C’est vrai que le livre encensé génère une forte attente chez le lecteur (et donc plus de risques de déception). Quand un livre a reçu des avis dithyrambiques, j’aime bien attendre un peu que l’euphorie retombe (mais parfois je n’ai pas la patience d’attendre et paf, je me fais avoir).

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    1. Merci Sylvie, je voulais justement éviter la polémique… attendre que l’euphorie retombe est sage, mais il nous arrive à toutes (et tous) de craquer sur une nouveauté encensée ! 😉

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  30. Je croyais bien, pourtant, avoir réagi à cet article l’autre jour….
    Je pense que sur nos blogs, on ne peut parler que de ce dont on a envie de parler – il ne doit pas y avoir obligation. Souvent, c’est vrai, et on le fait tous, on lit un livre dont tout le monde a dit qu’il était formidable, et puis on est déçu. Bon, tant pis. Parce qu’il y en a quand même de nombreux autres qu’on découvre justement parce qu’on nous en a parlé, et on a fait de belles rencontres.
    Bonne journée.

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    1. Je pense aussi que le nombre de belles découvertes est supérieur aux déceptions… Mais aucun roman n’est exempt d’engendrer une déception, il suffit qu’il génère des attentes trop grandes, qu’il passe après un autre formidable, qu’il ne soit pas pour nous tout simplement.

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  31. C’est évident que tomber sur un roman par hasard et le lire parce que les avis étaient tous enthousiastes changent la donne. On a beau savoir que tous n’aimeront pas le livre qu’on défend avec ardeur, c’est toujours une vraie déception quand les autres ne l’aiment pas.

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    1. C’est vrai dans ce sens-là aussi… mais c’est plutôt rare d’avoir un seul avis enthousiaste opposé à de nombreuses déceptions, heureusement. Cela vient sans doute que pas mal de lectures mitigées ne donnent pas lieu à des billets.

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