littérature îles britanniques

Sebastian Barry, Du côté de Canaan

ducotedecanaan« Les souvenirs provoquent parfois beaucoup de chagrin, mais une fois qu’ils ont été réveillés vient ensuite une sérénité très étrange. Parce ce qu’on a planté un drapeau au sommet du chagrin. On l’a escaladé. »
Je retrouve encore, après Quatre jours en mars, un roman écrit par un homme et dont la narratrice est une femme, âgée de quatre-vingt-neuf ans, qui plus est… On se doute que, vu son grand âge, elle a beaucoup à raconter, et quantité de réflexions à faire sur sa vie.
Lors d’une des (nombreuses) périodes où l’envie de lire de la littérature irlandaise, sobre, sombre et dramatiquement irlandaise comme il se doit, se faisait grande, j’avais ouvert un roman de Sebastian Barry, L’homme provisoire, auquel je n’avais pas accroché du tout. Autant dire que celui-ci risquait de croupir dans mes étagères, mais j’ai décidé d’y faire un peu de ménage, et d’alterner nouveautés et emprunts en bibliothèque avec des livres de mon « fond » ancien !
Cette fois, j’ai été tout de suite intriguée par cette vieille dame, Lilly Bere, qui vit sur la côte est des états-Unis, et qui, venant de perdre un être proche et très aimé, se remémore ses jeunes années, et ce qui l’a amenée dans le « Nouveau Monde ». Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle a survécu à bien des épreuves. Notamment lorsqu’elle dut, toute jeune fille, fuir l’Irlande avec son fiancé menacé de mort par l’IRA. Elle n’a pratiquement aucune prise sur sa vie à ce moment-là, mais au fur et à mesure des années, elle prendra une part de son destin en mains, celle que les guerres n’auront pas réussi à briser.
J’ai trouvé le style, sans oublier sa traduction, remarquable, composé de phrases courtes pour le temps présent, et qui s’emballe en longues suites de propositions pour le passé, en donnant au lecteur un léger tournis, une sensation indéniable de temps qui s’accélère.
Lily est un personnage fort, un caractère qui s’est forgé et a résisté dans l’adversité et les épreuves. J’ai surtout aimé ce qu’elle était devenue au fil des années… elle m’a rappelé un peu le personnage d’Hattie dans Les douze tribus d’Hattie.
Une lecture forte, marquante, et la découverte d’une écriture à la sobriété bien venue.

Extrait : Et il m’a montré, il m’a présenté plus ou moins à un petit pot, humble et assez ordinaire, avec une étiquette blanche très austère, et une grosse abeille jaune dessus, et quelques mots en grec.
« Je me demande ce que vous me donneriez qui vient d’Irlande, si j’éprouvais un chagrin comme le vôtre. Je me le demande, a-t-il dit.
– Je vous donnerais la bruyère blanche de la colline de mon père. »

Les avis de Clara, Hélène, Inganmic, Jérôme et Jostein.

L’auteur : Sebastian Barry est né à Dublin en 1955. Il est romancier, poète et dramaturge. Ses romans Annie Dunne, Un long long chemin, Le testament caché et Du côté de Canaan sont traduits en français chez Joëlle Losfeld.
331 pages.
Éditeur : Joëlle Losfeld (2012) Folio (2014)
Traduction : Florence Lévy-Paolini
Titre original : On Canaan’s side

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30 réflexions au sujet de « Sebastian Barry, Du côté de Canaan »

  1. Je l’ai aimé aussi. Lu en VO, je me souviens qu’il y avait pas mal d’oiseaux (because j’ai parfois »calé » pour les identifier) et que ca allait aussi avec l’histoire.
    J’ai aimé voire adoré tous les romans de Sebastian Barry. Même L’homme provisoire. ☺

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    1. Ah oui, en VO, l’ornithologie ou la botanique, c’est parfois compliqué ! 😉 Tu es une vraie adepte de littérature irlandaise, tu t’accroches plus que moi ! L’homme provisoire est tout de même moins « irlandais » non ?

      Aimé par 1 personne

  2. Merci pour le lien… contrairement à toi, j’ai aimé L’homme provisoire, mais j’ai en effet préféré celui-ci, dont le personnage principal est plus attachant, et le style plus vivant.

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  3. Coucou ! je t’ai nominé pour le « Blogger Recognition Award » ou le « Liebster Award » ! Quand tu auras le temps, si tu veux tu pourras participer à l’un ou l’autre. Bonne journée à toi 🙂 🙂

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      1. moi aussi je suis pareil 🙂 ne t’inquiètes pas surtout il n’y a aucune obligation bien au contraire je comprends parfaitement ! bonne soirée à toi 🙂 🙂

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  4. Bonjour Kathel, l’homme provisoire ne m’avait pas enthousiasmée non plus. Il semble que Du côté de Canaan est mieux, je l’ai noté pour une lecture future assez lointaine, j’en ai tellement d’autres à lire avant. Bonne après-midi.

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  5. Voilà un auteur que je ne connaissais pas du tout, je note moi aussi ce titre ou un autre de ceux qui sont mentionnés en commentaires. Ce qui me fait deux titres notés chez toi aujourd’hui … j’arrête ^-^ !

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