littérature France

Céline Curiol, L’ardeur des pierres

ardeurdespierresLes kamo-ishi sont des pierres issues de la rivière Kamo. Elles doivent être noires et brillantes, avoir une forme particulière, et sont très prisées des japonais qui les placent dans leur jardins pour les contempler. Enfin, il semble que la rivière Kamo soit maintenant protégée et que le fait d’ y prélever des pierres soit un délit.
C’est du moins le postulat de Céline Curiol, qui comme Hubert Haddad ou Thomas B. Reverdy, situe un de ses romans au pays du Soleil Levant.
Kanto est jardinier dans la région de Kyoto, et un riche propriétaire lui a demandé de ces pierres étranges… Un repérage au bord de la rivière, une expédition soigneusement préparée, et voilà deux belles pierres précieusement emballées dans une couverture dans le coffre de sa voiture.
Pendant ce temps, Sidonie, une jeune française, part en voyage individuel au Japon, sans préparation et sans but… Toujours au même moment, Yone, le voisin de Kanto, peine à écrire le début d’un roman sur un sujet qui le fascine. Les deux jeunes hommes se croisent parfois, chacun de son côté va apercevoir Sidonie. Fascinée par sa peau sombre, ils la verraient bien en chanteuse de jazz américaine, ce qui prouve que les clichés existent
aussi au Japon !
Ce roman possède un charme subtil, mais pour savoir si cet envoûtement provient du Japon ou de l’écriture de l’auteure, ou des deux, il faudra que je lise un autre de ses romans. J’ai en tout cas lu celui-ci avec grand plaisir, apprécié cette histoire de pierres étranges qui m’a rappelé parfois les romans de Yoko Ogawa ou Haruki Murakami, en mêlant aux thèmes de l’art, de la connaissance de soi, mais aussi de l’obsession, un côté légèrement irréel qui ne m’a pas déplu.

Extraits : Le tout premier jour, lorsqu’il était venu rencontrer le propriétaire, Kanto avait aperçu sur la table basse du salon un livre dont la couverture montrait un cylindre de pierre recourbé sur lui-même, une structure circulaire dont l’épaisseur diminuait aux extrémités qui convergeaient l’une vers l’autre sans jamais se toucher.

Avant même d’ouvrir les yeux, il sent l’odeur, légèrement boisée, du cèdre mêlé à un parfum de canne à sucre, clou de girofle ou cerisier, distincte mais subtile. Elle lui est familière, mais il lui faut apercevoir par les fentes brumeuses de ses paupières l’enveloppe abandonnée sur le futon près de son visage pour l’identifier.

L’auteure : Céline Curiol est née à Lyon en 1975. Diplômée de la Sorbonne, elle devient correspondante pour la BBC et Radio France, à New York. Elle commence à écrire en travaillant également à l’ONU. Elle publie son premier roman, Voix sans issue, en 2005, puis Exil intermédiaire, L’ardeur des pierres, A vue de nez, Un quinze août à Paris, Les vieux ne pleurent jamais, tous chez Actes Sud.
208 pages
Éditeur : Actes Sud (2012) existe en poche.

Repéré chez Aifelle. Une très bonne idée !

Publicités

27 réflexions au sujet de « Céline Curiol, L’ardeur des pierres »

  1. Je ne connais pas du tout cette auteure mais je suis plutôt tentée par la découverte, surtout que le Japon et la référence à Hubert Haddad ne sont pas pour me déplaire, de même que les extraits que tu cites !

    J'aime

Ajouter un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s