Vanessa Barbara, Les nuits de laitue

nuitsdelaitueRestons en Amérique du Sud, et après le Vénézuela, je vous propose un court détour par le Brésil. Changement de langue, mais un peu le même décor et la même atmosphère que le roman précédent. Les personnages peuvent vivre des choses graves, là Octavio souffrait de son illettrisme, ici Otto, un vieil homme, vit seul et désemparé depuis la mort de son épouse avec qui il partageait tout. Car c’est Ada qui était la plus sociable des deux, et lui ne se sent pas le courage d’affronter le monde extérieur. Pourtant, le ton reste souvent léger et les personnages des quartiers populaires, aussi hauts en couleurs que les petites maisons qui les abritent, sont prétextes à scènes loufoques, au comique de répétition, à des mystères qui n’en sont pas vraiment.
Bref, pour tout vous dire, je n’ai pas énormément à dire sur ce court roman, agréable à lire, bien écrit et joliment traduit, où le capital-sympathie des personnages est énorme. Comment ne pas aimer un couple passionné par les plats à base de choux-fleurs, un facteur qui s’embrouille quotidiennement et volontairement dans ses distributions, un commis pharmacien obnubilé par les effets indésirables des préparations qu’il vend. Sans oublier trois petits chiens affreusement pénibles…
J’avoue que je l’ai lu il y a deux mois, je ne vais donc pas entrer dans les détails, mais si vous cherchez un petit roman qui vous change les idées, qui ne vous ramène pas à une actualité perturbante, qui sent bon la solidarité et l’optimisme, je peux vous conseiller cette jolie parenthèse qui fait voir le Brésil et les brésiliens tout à fait différemment de ce qu’on imagine.

Extraits : La couverture sur les genoux, Otto eut l’envie subite de se préparer un bon petit chou-fleur, mais il se ravisa, il était tout de même trop tôt. Il resta dans son fauteuil, à cligner lentement des yeux. En rassemblant les indices sonores, olfactifs et visuels (robot mixeur, Blattix, chien féroce), il s’amusait à imaginer la vie des habitants du quartier.

Otto sentait le vent de la rue s’engouffrer dans la maison. L’air figé ne lui rappelait jamais Ada ; c’était le vent qui la faisait revenir, agitée, le tirant par la main les jours de pluie.

Rentrée littéraire 2015
L’auteure :
Vanessa Barbara est née à São Paulo en 1982. Elle écrit des chroniques pour le journal Folha de São Paulo et The International New York Times. Les Nuits de laitue est son premier roman.
224 pages.
Éditeur : Zulma (août 2015)
Traduction : Dominique Nédellec
Titre original : Noites de Alface

Et dans les autres blogs ? Hélène lui a trouvé un charme indéniable, Nadège aime ce livre qui fait du bien et Yv le trouve frais, original, mais un peu inégal… je suis d’accord avec les trois, je ne suis pas contrariante !

32 commentaires sur « Vanessa Barbara, Les nuits de laitue »

  1. Pas contrariante, non. ma foi, si je le vois, je tente, après tout je lis peu de romans de ce pays là.

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    1. Il y a des pays comme ça, on ne sait pas trop pourquoi on les voit moins dans les librairies… Les hispanophones sont peut-être plus traduits ?

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  2. Il m’a tentée un moment, puis l’envie m’est passée … mais elle reviendra peut-être ! En attendant, ton avis me conforte dans l’idée que je m’en étais fait a priori (du léger).

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    1. Je me force un peu pour certains domaines étrangers, comme la littérature sud-américaine… et parfois ça marche, sinon, je laisse de côté sans regret !

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    1. Je n’avais pas écrit d’avis, puis je me suis dit que c’était dommage, il y a une demande pour les livres « qui font du bien » !

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    1. Vu les personnages différents et excentriques croisés dans ce roman, cela aurait pu donner lieu à des nouvelles aussi, mais non ! 😉

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  3. Il fait son p’tit bonhomme de chemin ce premier roman il me semble! je l’ai noté depuis un moment mais j’attends sa sortie à la bibliothèque!

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  4. Oh ça me tente bien ça, un petit détour par le Brésil, en un court récit visiblement plein de charmes !

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