littérature Amérique du Nord·projet 50 états

Robert Goolrick, Arrive un vagabond

arriveunvagabondL’auteur : Robert Goolrick a étudié à Baltimore, puis vécu quelques années en Europe. Il se passionnait pour le théâtre et la peinture, et est devenu écrivain tardivement. Son roman Une femme simple et honnête fera prochainement l’objet d’une adaptation confiée au réalisateur David Yates. Son roman Féroces a reçu en France un excellent accueil. Son nouveau roman, Arrive un vagabond, a été retenu dans plusieurs sélections de prix. Il vit dans une petite ville de Virginie avec ses deux chiens.
320 pages
Éditions Anne Carrière (2012)
Traduction : Marie de Prémonville
Titre original : Heading out to wonderful

Cela fait une éternité que j’ai noté ce roman, assorti de nombreux coups de cœur, et les autres titres de l’auteur… Bon, comment dire ? Je n’ai pas ressenti l’emballement de mes consœurs ès blogs à cette lecture. Lu depuis deux semaines, je peine à me souvenir du roman et à trouver quelques mots pour vous en parler.
Une petite ville de Virginie, à la fin des années 40. Un homme y arrive un jour, avec une valise pleine de billets et des couteaux. À aucun moment, on ne saura d’où vient cet argent, alors qu’il devient tout de même grâce à lui l’un des plus gros propriétaires terriens de la région, sortant des liasses de billets à tout va. Mais revenons ua commencement : avant cela, il va s’installer dans un pré, dormant à la belle étoile. Il semble incapable au début de dormir sous un toit. S’agit-il d’un traumatisme dû à la guerre, à un événement plus intime ? On ne le saura pas non plus. La réaction des habitants n’est pas celle que j’imaginais, c’est tout à leur honneur, rejet ou méfiance semblent absents ou vite balayés, et Charlie Beale s’intègre rapidement à la petite communauté, notamment chez le boucher Will Haislett, son épouse Alma et auprès du petit Sam pour lequel il devient une sorte d’oncle très aimant. Charlie devient commis du boucher, se rend indispensable, fait se pâmer toutes les clientes, jusqu’à la rencontre avec la fatale Sylvan.
Je dois être trop chipoteuse, je n’ai pas cru un instant à l’amour qu’il éprouve pour cette jeune fille qui se la joue femme fatale, à la manière hollywoodienne, alors qu’elle vient de la vallée la plus pauvre qui soit des environs.
Bref, je ne vais pas vous raconter tout, on sait dès le début qu’un drame va survenir, mais j’avoue que je n’y ai pas cru, que je suis restée extérieure aux affres de Charlie Beale ou aux élans de Sylvan. Seul le point de vue du petit Sam m’a paru plus crédible. La rencontre avec cet auteur tant encensé n’a pas été à l’aune de ce que j’attendais, malgré des qualités indéniables d’écriture. Passons donc à autre chose !

Citations : L’enfance est l’endroit le plus dangereux qui soit. Personne n’en sort indemne. Charlie sentait de plus en plus dans son cœur cette injonction : il ne deviendrait pas l’une des cicatrices de la vie de Sam.

A la fin de la première semaine de travail de Charlie, par un vendredi de la fin août 1948, une femme pénétra dans la boutique, et c’est là que cette histoire devient bien plus qu’une anecdote – un conte en forme d’avertissement, transmis de père en fils, et de mère en fille l’année où l’adolescente commence à rêver d’amour , celui qu’on voit sur l’écran papillotant du cinéma.

Puis ils restèrent assis là en silence, à se balancer, le petit calme et fatigué sur les genoux de sa mère, et la fumée blanche de la Lucky Strike de Charlie planant comme un fantôme. La belle sérénité simple de la campagne, la rue douce et sombre aux porches éclairés, avec les derniers papillons de nuit de l’été qui voletaient dans le halo de lumière vive au-dessus de leurs têtes, et les habitants de la ville qui se balançaient en fumant, en somnolant ou en discutant à voix basse.

Beaucoup de billets sur ce roman : A propos de livres, Clara, Eva, Hélène, Sandrine, Violette et sans doute d’autres…
Suite du mois américain chez Titine ! Et je visite la Virginie pour le projet 50 états. (clic pour agrandir la carte)
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45 réflexions au sujet de « Robert Goolrick, Arrive un vagabond »

  1. Eh bien je ne sais si c’est ‘instinct ou pas mais je l’ai déjà eu plusieurs fois en main en librairie et je l’ai à chaque fois reposé… Comme nous avons des goûts assez proches pour plusieurs romans, je te fais confiance, je sais au moins ue ce n’est pas indispensable pour moi.

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    1. Si tu avais adoré un autre de ses romans, tu peux tenter… Tiens, si je compare à Ron Rash, je trouve ce roman beaucoup moins bien. Ils sont un peu dans le même registre, peut-être aime-t-on l’un ou l’autre, mais pas les deux ?

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      1. J’ai beaucoup aimé Un pied au paradis, ainsi que Le monde à l’endroit, et adoré Une terre d’ombre et Serena. J’ai encore un recueil de nouvelles en VO dans ma PAL (qui n’est pas Incandescences, traduit récemment et paru au Seuil). Je suis inconditionnelle de Ron Rash, et ai même un livre dédicacé depuis qu’il est venu aux Quais du Polar il y a quelques années. Et bref, j’arrête, sinon je vais être intarissable.

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  2. Bon je vois les avis partagés.. Je l’ai dans ma PàL. Moi j’ai détesté son roman (qui va être adapté au ciné?? vrai de vrai?) Une femme simple et ordinaire. Mais on m’avait dit que celui-là était meilleur. J’espère que Féroces sera le sauveur alors !

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    1. Les avis étaient plus partagés sur une femme simple et ordinaire, me semble-t-il. Celui-ci te plaira peut-être. D’ailleurs, je n’ai pas détesté, juste restée tiède… J’avais dû lire trop de bons romans avant !

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  3. J’avais aimé aussi, pour la capacité de l’auteur a faire de cette histoire banale un moment unique… j’avais en revanche été déçue par Féroces (qui a pourtant eu beaucoup de succès), dans lequel je ne suis pas parvenue à m’immerger..

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  4. Comme toi, je l’avais noté depuis longtemps, et je ne me suis jamais décidée. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir entendu que celui-ci était bien bien meilleur que le seul que j’ai lu de cet auteur encensé, comme tu le dis, « Une femme simple et honnête » … Je crois que je vais en rester là. Mais pour Ron Rash, je te rejoins complétement. Je viens de terminer « Incandescences » (excellent !) et si j’ai bien compris, il y a un autre recueil qui n’est pas traduit ? Voilà une bonne nouvelle matinale !

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    1. Oui, pour parler de l’excellent Ron, le recueil que j’ai à lire s’intitule « Nothing gold can stay » et il me semble que ce n’est pas Incandescences (qui serait plutôt la traduction de « Burning bright » ?) quoique je sois méfiante envers les traductions de titres… Je pense trouver Incandescences à la bibliothèque.

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  5. bah ça alors!!!! Il a été plus qu’encensé ce livre à sa sortie, prix ELLE, avec des billets blogs enthousiastes. Je ne m’attendais pas à ça. Bon je passe allègrement mon tour, les mystères non élucidés qui interrogent tous les personnages c’est un tic que je ne supporte pas dans les romans.

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