littérature Amérique du Nord·projet 50 états

Sherman Alexie, Indian blues

indianbluesL’auteur est indien Spokane né en 1966 dans la réserve de Wellpinit, état de Washington. Romancier, poète, il a publié des recueils de poésie, de nouvelles et plusieurs romans. Il vit aujourd’hui à Seattle.
304 pages
Éditeur : 10/18 (1999)
Traduction : Michel Lederer
Titre original : Reservation blues


Premier roman de l’auteur, Indian blues a su allier avec fantaisie une description réaliste de la condition de vie des indiens des réserves, avec un brin de réalisme magique et une bonne dose d’humour.
Tout commence avec l’histoire de Robert Johnson, ce bluesman qui aurait vendu, dit-on, son âme au diable pour jouer superbement de la guitare. Robert Johnson a réellement épaté par sa virtuosité à la guitare et est mort dans les années 30.
Plusieurs dizaines d’années plus tard, la guitare de Robert Johnson se retrouve en possession d’un trio d’indiens Spokanes, et ces trois jeunes désœuvrés montent un groupe de rock qui commence à se faire connaître à l’intérieur, et même en dehors de leur réserve. Thomas Builds-the-Fire, le compositeur et chanteur de ce groupe, un doux rêveur, tombe amoureux d’une jeune fille de la tribu Flatheads, alors que ses comparses rêvent de filles blanches, car quelle meilleure revanche sur la vie que d’épater et séduire les filles de ceux qui réduisent les premiers habitants à de simples attributs folkloriques des États-Unis ?
Le parcours de ce roman dans ma bibliothèque est original, puisque je l’ai retrouvé pratiquement par hasard alors que je voulais lire Indian Killer pour mon projet 50 romans, 50 états, et que Jérôme m’a recommandé Indian blues. Je me suis alors rendu compte que je ne l’avais jamais lu au-delà de quelques pages, probablement à cause des petits caractères. Je ne portais pas encore de lunettes pour lire lorsque je l’ai acheté ! De plus, j’ai été ravie d’y retrouver loveinvainRobert Johnson et sa fameuse guitare rencontrés dans Love in vain, la BD de Jean-Michel Dupont et Mezzo, lue récemment à la bibliothèque mais pas commentée. Je vous recommande si vous en avez l’occasion, cette très belle BD, tant pour le sujet, que pour le traitement des images, et l’objet-livre.
Pour revenir à nos indiens, les pages émaillées de dialogues donnent un ton très vivant à leur histoire qui se lit agréablement. Un petit bémol pour les rêves des protagonistes qui parsèment le roman, sans ajouter grand chose à mon goût, mais un gros plus pour les articles de presse très drôles qui alternent aussi.
Pour en savoir plus sur le quotidien des réserves indiennes, je recommanderais plutôt Joseph Boyden ou Louise Erdrich, mais le ton plus fantaisiste, quoique pas dépourvu d’émotion, de Indian Blues, peut vous le faire préférer, si l’aspect décousu de mon billet ne vous a pas fait fuir !

Un extrait pour en juger ? Une foule de petits indiens s’était rassemblée – en effet, une foule de petits indiens se rassemblait toujours quelque part – pour regarder Thomas Builds-the-Fire, le conteur marginal de la tribu des Spokanes, parler à un drôle d’homme noir et sa guitare. L’événement méritait l’édification d’un nouveau monument historique. La réserve avait fait le plein de monuments de ce genre depuis des années, mais le Conseil tribal cherchait encore à en construire d’autres, car il recevait des subventions gouvernementales rien que pour ça.

Un autre ? Les Coyote Springs la regardèrent. Ils se sentaient pareils à des bébés tortues qui doivent aller seuls du nid où ils sont nés jusqu’à l’océan, pendant que toutes sortes de prédateurs se bousculent pour profiter de l’abondant buffet de chair tendre dressé sur la plage. Ils se sentaient pareils à des enfants indiens nés de parents indiens.

mois-amc3a9ricainC’est le mois américain qui commence chez Titine de Plaisirs à cultiver.

J’en profite aussi pour cocher l’état de Washington, dans l’Ouest des États-Unis, pour mon USA Map Onlyprojet 50 romans, 50 états. (la carte peut s’agrandir d’un clic)

Publicités

27 réflexions au sujet de « Sherman Alexie, Indian blues »

    1. Il n’est pas si présent que ça, tu n’as pas droit à des scènes de répétitions ou de concerts interminables, l’accent est plutôt mis sur les membres du groupe et leurs rapports. J’ai oublié de dire que les personnages secondaires et extérieurs au groupe ne manquent pas d’intérêt non plus.

      J'aime

  1. J’avais vu Sherman Alexis au Festival America de Vincennes et je l’avais trouvé tout à fait intéressant. Mais hélas, je n’ai toujours pas découvert sa littérature. Mais je crois qu’effectivement, j’ai pus envie de découvrir Joseph Boyden et Louise Erdrich !

    J'aime

    1. Je ne sais pas pour tes commentaires. Il n’y a rien dans les indésirables, en tout cas.
      Mais il n’y a pas de quoi avoir honte. Il existe des tas d’auteurs dits incontournables que je n’ai pas lus !

      J'aime

  2. C’est un de mes auteurs chouchous, j’ai tout lu de lui, même ses poèmes, et Indian Blues est celui qui m’a le plus marqué parce que c’est avec ce titre que je l’ai découvert. « Le 1er qui pleure a perdu » est je crois le meilleur roman jeunesse que je n’ai jamais lu. Et c’est un nouvelliste magnifique (je te recommande en particulier « Phoenix, Arizona »). Par contre j’ai eu plus de mal avec Indian Killer 😉

    J'aime

    1. J’ai suivi ton conseil, pour l’état de Washington de préférer Indian blues à Indian killer, et j’en suis satisfaite. Il y a un petit côté « premier roman » on y sent la jeunesse de l’auteur, mais j’ai aimé ça aussi ! Je me souviens d’avis très élogieux sur « Le premier qui pleure a perdu » j’imagine qu’il doit bousculer l’image que les pré-ados peuvent avoir des indiens d’Amérique.

      J'aime

  3. J’avais également apprécié cette lecture, lu dans le cadre du challenge il y a deux ans il me semble. Sherman Alexie apporte un renouveau dans la littérature américaine, du coup là je me suis lancée dans Louise Erdrich!

    J'aime

Ajouter un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s