littérature France·premier roman·sortie en poche

Hoai Huong Nguyen, L’ombre douce

ombredouceL’auteur : Hoai Huong Nguyen est née en 1976 en France de parents vietnamiens. De langue maternelle vietnamienne, elle a appris le français en allant à l’école. Détentrice d’un doctorat de Lettres modernes, elle a déjà publié deux recueils de poésie : Parfums et Déserts. Elle est enseignante. L’Ombre douce est son premier roman.
192 pages
Éditeur :
Le Livre de Poche (avril 2015)


J’apprécie que le Livre de Poche, pour son prix des Lecteurs, ne néglige pas les premiers romans, ainsi le précédent chroniqué, L’aquarelliste et ce dernier, L’ombre douce. Voilà qui permet de découvrir des univers hors du commun et des plumes attrayantes, et d’imaginer un avenir qu’on espère souriant à ces auteurs.
Imaginez un hôpital à Hanoï en 1954, et la rencontre entre un jeune homme qui se remet de ses blessures, et une jeune fille envoyée par les religieuses comme aide-soignante. Vous imaginez aussitôt une histoire d’amour entre les deux tourtereaux, sans doute contrariée par la guerre, ou peut-être par les différences culturelles… C’est cela, et pour cette histoire de passion aussi brève qu’intense, l’auteure emploie une écriture poétique tout en douceur, écriture qui est aussi capable de rendre la férocité de la guerre.
Écrire une histoire d’amour qui ne donne pas l’impression d’avoir déjà été lue, qui se démarque tout en restant simple et pudique, ne paraît pas gagné d’avance, et pourtant, la réussite de ce premier roman est indéniable, et on passe un moment doux, quoique mélancolique, entre ses pages. Mais lisez plutôt cet extrait (du tout début du roman) pour vous en persuader…

Extrait : La lune était lumineuse dans le ciel troublé, un fin croissant de lune. Sa blancheur évoquait dans l’esprit de Mai ce vieux poème que Yann lui avait lu ; elle en avait appris quelques vers pour les avoir toujours avec elle, car avec un poème, on n’est jamais seul – rêvons, c’est l’heure – il parlait d’un saule – c’est l’heure exquise – d’un saule noir qui pleure. C’était de mauvais augure, pourquoi fallait-il qu’il ait choisi ce poème et pas un autre ? Les hommes n’ont aucun discernement, très intelligents, mais sans sagesse. S’il avait préféré un sonnet clair et joyeux, peut-être l’histoire aurait-elle été différente ; mais non, c’étaient la lune et le saule qui l’avaient séduit et tout était bien. Elle ne regrettait rien puisqu’ils avaient eu une journée entière, et la vie n’est-elle pas comme une journée ?

Repéré chez Anne.

Pour le prix des lecteurs du Livre de Poche, c’est mon choix du mois.
plldp

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12 réflexions au sujet de « Hoai Huong Nguyen, L’ombre douce »

  1. Ah comme je suis contente que ce beau roman t’ait plu !! J’espère qu’il touchera encore beaucoup de lecteurs grâce à sa sortie en poche. Une image inoubliable pour moi : la manière dont Hoai Huong Nguyen parle des parachutes argués sur la cuvette de Dien Bien Phu.

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