littérature Amérique du Nord

Julia Glass, Jours de juin

joursdejuinL’auteur : Julia Glass est l’auteur de quatre romans, Jours de juin, Refaire le monde, Louisa et Clem et Les Joies éphémères de Percy Darling, qui ont tous été des best-sellers du New York Times. Elle s’est vu décerner plusieurs prix pour ses romans et ses nouvelles, dont le prestigieux prix du National Book Award pour Jours de juin. Elle vit avec sa famille dans le Massachusetts.
655 pages
Éditeur : Points (2008)
Première parution en 2002.
Traduction : Anne Damour
Titre original : Three junes

J’ai choisi Jours de juin parmi les romans de Julia Glass un peu au hasard, parce que je voulais découvrir cette plume dont j’avais souvent entendu parler. Ceci est son premier roman ? J’en suis fort étonnée, parce que ce bon gros pavé brassant plein de thèmes contemporains de société est vraiment très maîtrisé. J’ai trouvé parfaite la structure en trois parties inégales, la seconde qui est aussi la plus longue (et la seule écrite à la première personne) est celle qui tourne autour de Fenno, le membre le plus séduisant de la famille McLeod.
Parlons un peu de cette famille : Paul, le père, vient de perdre sa femme et part en voyage organisé dans les îles grecques. Malgré son récent malheur, la tonalité n’est pas trop mélancolique, et ses compagnons de voyage offrent des portraits qu’on imagine croqués à partir de rencontres réelles, tant ils respirent l’authenticité ! C’est le premier de ces trois mois de juin, celui où Paul rêve de changer peut-être de vie…
Six ans plus tard, son fils Fenno rentre en Ecosse alors qu’il n’y est pas revenu depuis de longues années. C’est l’occasion de comprendre mieux les liens tissés dans la famille, entre les trois frères, rien de dramatique ni d’irrémédiable, des éloignements comme dans toutes les familles… La vie bien réglée de Fenno, libraire à Greenwich Village, prend un tournant, voire même plusieurs tournants très importants, juste à ce moment-là
La troisième partie, le troisième mois de juin, centré sur Fern, une femme peintre, permettra de faire le point quelques années plus tard.
C’est un régal de lire sous la plume de Julia Glass les relations familiales, ou celles des différents couples du roman, tant elle réussit à pointer les comportements, à analyser les situations, sans jamais perdre de son empathie pour chacun. La mémoire familiale, la façon dont chacun voit et imagine les autres un peu perdus de vue, la paternité et la maternité, sont au cœur de ce roman.
Julia Glass, un nom à noter et à retenir, je crois que ses autres livres méritent d’être lus aussi, et qu’on retrouve même dans l’un d’entre eux des personnages de ce Jours de juin : je m’en réjouis d’avance !

Extrait : Le temps joue comme un accordéon, il se resserre et se déploie de mille manières mélodieuses. Les mois passent comme l’éclair, dans une suite accélérée d’accords, ouverts-fermés, unis-séparés ; puis vient une seule semaine mélancolique, qui est peut-être le pivot de l’année, une longue note soutenue. Le jour de mon retour est resté gravé dans ma mémoire comme une fugue, avec un ton parfaitement clair, mais des mois qui suivirent, l’automne et l’hiver qui précédèrent la mort de ma mère, ne me restent que quelques bribes d’une musique légère.

Un autre extrait où je me suis reconnue :
Lorsque Fenno avait traversé l’Atlantique -une situation sans rapport avec la pension, où d’autres gens veillaient sur lui, ou avec l’Université, où des études absorbantes étaient censées le préserver du danger-, Paul calculait un décalage de six ou sept heures quand il allait se coucher le soir, et il se demandait où se trouvait Fenno en cette fin d’après-midi à l’étranger. Etait-il, en cette heure précise, à la bibliothèque (un endroit recommandable, sûr) ou dans la rue, en train de faire des courses pour le dîner ou de choisir une chemise pour plaire à un amant ? Et si Paul se réveillait au beau milieu de la nuit, ce qu’il détestait par-dessus tout, c’était d’imaginer Fenno ailleurs que bêtement au lit, comme son père.

Les avis tentateurs d’Aifelle, Cathulu, Keisha, L’or des chambres

C’est un pavé de l’été qui fait plouf chez Brize !

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29 réflexions au sujet de « Julia Glass, Jours de juin »

  1. Une auteure que Keisha m’a fait découvrir, un régal ! (même j’ai trouvé que la troisième partie faisait un peu plaquée …) Mais je chipote et lirai avec plaisir les autres titres que tu cites ! Je lis ta note avec d’autant plus d’attention que je viens de publier la mienne sur ce même titre pour le même challenge … Et tu pointes justement ce qui fait le plaisir de ce roman, chronique des relations familiales et de la mémoire familiale, le décalage des perceptions est particulièrement finement raconté.

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  2. J’ai lu ce roman il y a quelques années et j’avais adoré…sauf que je ne me souviens absolument pas de l’histoire et même la lecture de ton billet n’a pas ravivé mes souvenirs !

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  3. Je suis ravie de voir que tu es aussi enthousiaste que je l’ai été, tu retrouveras Fenno non seulement dans Refaire le monde que j’ai aimé encore plus, mais aussi dans le nouveau ; La nuit des lucioles qui est dans ma PAL. Avec cette auteure je me régale à chaque fois, c’est une vraie conteuse, comme il en existe finalement pas tant que ça, et puis on ne voit pas passer les 600 pages et plus (refaire le monde est aussi un gros pavé ainsi que le dernier ;0) Merci pour le lien, je l’ai rapatrié sur mon nouveau blog, si tu le veux tu peux changer le lien, le voilà ;
    https://lorouge.wordpress.com/2010/06/09/jour-de-juin-de-julia-glass/
    Bel été Kathel et j’ espère que tu auras l’occasion de lire Refaire le monde très vite (il existe en poche)

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