littérature Moyen-Orient·sortie en poche

Zoyâ Pirzâd, C’est moi qui éteins les lumières

cestmoiquieteinsL’auteur : Romancière et auteur de nouvelles, Zoyâ Pirzâd est née à Abadan d’un père iranien d’origine russe et d’une mère arménienne. Découverte par Zulma en 2007, elle a reçu le Prix Courrier International du meilleur livre étranger en 2009 pour Le Goût âpre des kakis. Ses livres rencontrent aussi du succès en Iran.
350 pages
Editeur : Zulma (2013)
Traduction : Christophe Balaÿ
Titre original : Cheragh-ha ra man khamush mikonam

Les romans ou les nouvelles de Zoyâ Pirzâd sont pour moi des lectures, qui sans être les plus marquantes, constituent toujours d’agréables souvenirs, une impression de moments douillets comme se lover au coin d’une cheminée, ou paresser dans une chaise longue sous un arbre… Elle n’a pas son pareil pour décrire des atmosphères familiales et plutôt bon enfant, où se révèlent les petits ressentiments, les petites mesquineries, mais aussi les traits de caractères plus nobles et le bon fond de chacun.
La narratrice, Clarisse, est venue de Téhéran vivre avec sa famille dans le quartier préservé de la petite ville d’Abadan réservé aux employés de la Compagnie des Pétroles. Femme au foyer un brin bohème et rêveuse, elle ne manque cependant jamais de s’occuper de son foyer et de son mari Artosh, de préparer des bons petits goûters à ses deux jumelles de six ans, et à son ado de fils. L’arrivée d’une nouvelle voisine, arménienne comme Artosh et Clarisse, mais au mode de vie sensiblement différent, et, pour tout dire, assez spéciale, provoque un petit remue-ménage à l’échelle du quartier. Les fillettes s’entichent de la petite-fille de la voisine. Clarisse est un peu chamboulée par le fils veuf, amateur de poésie, et qui n’a pas son pareil pour s’occuper des plantes ! Et elle commence à en avoir assez que tout le monde se repose sur elle, s’invite à dîner, impose des choix sans la consulter…
Des détails, posters dans la chambre du garçon, musique écoutée, montrent ici et là que le récit se situe plutôt dans les années soixante, mais l’important est surtout dans la finesse psychologique et la légèreté et l’humour du ton de Zoyâ Pirzâd.
Un roman tendre et intemporel, ça ne se refuse pas !

Extrait : Chaque fois que j’allais mal, je pensais à lui. Et dès que j’allais bien, je pensais encore à lui. Par exemple, quand je voyais pousser des racines à la branche que j’avais mise à l’eau. Ou bien lorsque je réussissais un plat que je faisais pour la première fois. Ou encore, quand Armen rapportait de bonnes notes. Je me mis à déchiqueter le mouchoir en papier en me demandant pourquoi je pensais toujours à mon père dans ces moments de joie ou de peine.

D’autres avis ? Celui de Midola et celui de Nina.

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40 réflexions au sujet de « Zoyâ Pirzâd, C’est moi qui éteins les lumières »

  1. Je n’ai encore jamais lu Zoyâ Pirzâd, le premier paragraphe de ton billet me ravie car, justement, c’est décidée pour ce mois-ci, un de ses livres juste là et c’est exactement le type de lecture qu’il me faut maintenant 🙂

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  2. Il est dans ma LAL depuis un p’tit moment déjà ;0) C’est une des auteures que j’aimerais beaucoup découvrir bientôt. Celui ci existe en poche il me semble, raison de plus pour se laisser tenter ;0)
    Bonne semaine

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  3. Elle place le récit dans les années 60 avec une légère touche de féminisme, semble-t-il , d’après ce que tu dis. Le roman est certainement agréable et je serai curieuse de le lire, ne serait-ce que pour savoir comment était la vie des femmes en Iran avant l’islamisation… Mais si tu veux lire comment la femme est traitée en Iran après la victoire des fondamentalistes islamistes, lis « La muette « et « Comment peut-on être français » de Chahdortt Djavann! De très beaux livres, très durs mais à lire!

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  4. Je l’ai lu et avais beaucoup aimé!! Je me demande pourquoi je n’ai jamais mis mon billet en ligne d’ailleurs, tiens 🙂 C’est un roman qui parle, même en Europe, et qui m’avait permis de découvrir une communauté dont je ne savais rien!

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