Erró au MAC Lyon

Né en Islande en 1932, Gudmundur Gudmundsson, qui s’est plus tard surnommé Erró vit et travaille à Paris depuis 1958. Il s’intéresse dès ses premiers tableaux aux images qui nous entourent, couvertures de magazines, publicités, affiches, œuvres d’art, bandes dessinées… A partir de collages en petit format, il reprend les montages d’images à la peinture en grand format. On peut l’apparenter au courant de la « figuration narrative » (Gérard Fromanger, Bernard Rancillac, Peter Klasen, Hervé Télémaque, entre autres) qui s’oppose à partir des années 60 au pop-art américain, ainsi qu’à l’abstraction.

fromanger  Rancillacklasen
Ci-dessus, des exemples d’œuvres respectivement de Gérard Fromanger, Bernard Rancillac, Peter Klasen.

L’exposition qui se tient au Musée d’Art Contemporain de Lyon jusqu’au 22 février 2015 présente une collection impressionnante de peintures d’Erró, regroupées par périodes. J’ai un peu moins aimé les débuts de l’artiste, tout d’abord des collages d’objets, puis des peintures inspirées bien souvent de planches anatomiques.
Erro1Erro2Erro3
Par contre, je me suis laissé embarquer ensuite dans l’abondance de détails et de références des séries suivantes, portant tantôt sur la politique, l’actualité, tantôt sur l’histoire de l’art. On retrouve Bruegel, Picasso, Magritte, Léger, Ingres, Van Gogh… sans oublier de nombreux tableaux qui renvoient à l’univers de la bande dessinée, ou des comics, ou encore de l’alimentation.
Erro4Erro5Erro6
Erró passe par le biais de ses tableaux pour dénoncer par exemple la société de consommation, l’abondance de nourriture, la « starisation », l’américanisation, ou les dictatures politiques. Il explique sa manière de travailler : « J’ai besoin de matériel efficace et, au cours de mes voyages, je fouille partout chez les soldeurs de livres, dans les kiosques. J’accumule une quantité énorme de matériel, et lorsque j’ai réuni beaucoup d’images se rapportant à un thème, c’est signe de commencer une série. »
Erro7Erro8Erro9erro10
Une exposition très riche, qu’on peut facilement aller voir deux ou trois fois, sans se lasser !

 

12 commentaires sur « Erró au MAC Lyon »

  1. pas certaine d’aller voir l’expo car la forme n’est pas là mais j’aime bien tes photos, un des tableaux fait immédiatement penser à Jérôme Bosch et ses personnages fantastiques

    J'aime

  2. C’était bien à lui que je pensais. Vous avez de la chance à Lyon d’avoir ce musée. Je n’aimerais probablement pas tout comme toi, mais c’est une démarche intéressante.

    J'aime

    1. Oui, c’est très intéressant, surtout à voir par séries… et vu la taille des peintures, et les détails, il y a de quoi voir ! Ce musée est très bien, mais ne propose pas, contrairement au Musée des Beaux-Arts, de collection permanente.

      J'aime

  3. Je n’avais pas trouvé la réponse à ton billet d’hier… Je ne connaissais pas du tout. Et cette réponse m’enchante ! Fascinée par les séries que tu présentes ( après les débuts )

    J'aime

  4. Merci pour cette très intéressante page de culture !
    Je ne connaissais pas cet artiste, ni ceux que tu cites (j’en ai d’autant plus apprécié les exemples que tu as fournis pour les évoquer), ni même ce courant artistique en fait (damned, je croyais pourtant en savoir un minimum sur l’art contemporain, mais je n’y connais rien, en réalité !).
    La démarche d’Erro me plaît (et certaines des œuvres aussi).

    J'aime

    1. Merci, Brize ! Moi non plus, je ne connaissais pas ce courant encore il y a quelques jours. Mais je suis des conférences sur l’art contemporain cette année, et je complète avec « L’art contemporain pour les nuls » (que je recommande !) 😉

      J'aime

  5. Nous avons prévu d’y aller pendant les vacances, car mon beau-frère y travaille et nous a eut des entrées….

    J'aime

    1. Je vous souhaite bonne visite, alors ! C’est très bien pour les enfants aussi. (je crois qu’une salle leur est déconseillée, et mise à part)

      J'aime

  6. Pour les œuvres, je ne suis pas fan a priori, mais si j’étais à Lyon, j’irais découvrir. Par contre, il a eu raison de prendre un pseudonyme, c’est plus facile à retenir, ça fait un peu dessinateur de BD

    J'aime

Les commentaires sont fermés.