littérature Europe de l'Ouest·policier

Mechtild Borrmann, Le violoniste

violonisteL’auteur : Mechtild Borrmann est née en 1960. Après une formation en thérapie par la danse et le théâtre, elle se consacre désormais à l’écriture. Ses cinq livres publiés en Allemagne ont été salués par la critique. Rompre le silence, son premier roman traduit en français paru aux Éditions du Masque en 2013, a obtenu le prix du meilleur roman policier en Allemagne.
244 pages
Editeur : Le Masque (août 2014)
Traduction : Sylvie Roussel
Titre original : Der Geiger

A Moscou en 1948, Ilia Grenko, un violoniste de talent est emmené, au sortir d’un concert, à la sinistre Loubianka, puis après des semaines terrifiantes entre ses murs, envoyé au Goulag. Sa femme, à qui on laisse croire qu’il est parti seul en Autriche, est déportée avec ses enfants au Kazahkstan. Quant au stradivarius d’Ilia, il a disparu. En 2008, Sacha Grenko ne sait presque rien de sa grand-mère, et encore moins de son grand-père, lorsqu’il reçoit un appel de sa sœur qu’il n’a pas revue depuis des années. A partir de là, tout s’enchaîne, et Sacha se retrouve sur la piste du violon disparu.
Une trame assez classique mène ce roman : des chapitres alternés entre présent et passé, cette époque lointaine vue soit du côté d’Ilia, le violoniste, soit du point de vue de son épouse Galina. Des éléments découverts progressivement donnent un petit temps d’avance au lecteur, qui tente de démêler la toile fatale dans laquelle la famille Grenko a été prise. Le fond historique de cette histoire est prenant, et on souffre de tout son corps avec Ilia, on résiste tant bien que mal à la rudesse de l’exil avec Galina, mais la partie contemporaine n’est pas en reste, et ne manque pas de péripéties. Le style est fluide, jamais lourd, et les personnages ont une belle épaisseur.
Pour faire court, ce roman est bien plus qu’un énième polar formaté, il a réussi à me tenir en haleine pendant la période difficile de la deuxième semaine de janvier, sans pour autant s’effacer aussitôt de ma mémoire… Pari réussi, donc !

Extrait : Dès que le train s’ébranla, elle sut qu’elle devait faire le deuil de son passé et de ses espérances. Chaque kilomètre parcouru, chaque ratata-ratata-ratata des roues l’éloignait de son existence antérieure. Il ne lui restait plus qu’à se concentrer sur sa peur pour ses enfants.
Les souvenirs du transport ne revinrent jamais complètement. Si ce n’est quelques images brouillées, enfouies dans les profondeurs de sa mémoire, qu’il lui arriva d’évoquer, mais seulement à voix basse, quand ses fils eurent atteint l’âge adulte.

Repéré grâce à Aifelle, Anne (Mon petit chapitre), Nadael, Sandrine et Yv.

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