littérature Amérique du Nord

Patrick Ness, La voix du couteau Le chaos en marche, I

voix_du_couteauL’auteur : Patrick Ness est né aux États-Unis, en Virginie, où son père était un sergent dans l’armée américaine. Passionné par la lecture et l’écriture, il étudie la littérature anglaise aux États-Unis. En 1999, il s’installe à Londres et enseigne pendant trois ans l’écriture à Oxford. Il est l’auteur de deux romans pour adultes. Il écrit également pour la radio et travaille comme critique littéraire pour «The Guardian». La voix du couteau (2008) premier épisode de la trilogie Le chaos en marche, son premier roman pour la jeunesse, a remporté de nombreux prix.
531 pages
Editeur : Folio (2014)
Traduction : Bruno Krebs
Titre original : the knife of never letting go

Je lis fort peu de science-fiction, mais j’aime beaucoup les dystopies ou les romans d’anticipation qui se cachent dans les collections « blanches »… L’écriture compte pour beaucoup dans mon goût, ou non, pour ce genre. Et là, je m’attendais à du bon, me souvenant fort bien que Brize avait été subjuguée par cette série.
Pari réussi avec le style : il est ce qu’on remarque d’abord, par son originalité. Le narrateur, Todd, n’a que douze ans, bientôt treize, il déforme quelques mots, en invente ou en triture d’autres, cela donne une langue assez originale, quoiqu’un peu répétitive à la longue. Ensuite, la situation de départ, formidable et prometteuse, est que, dans ce monde qu’on découvre, les pensées de chacun sont audibles de tous, et forment un Bruit continu et à vrai dire assez insupportable. Même les animaux parlent, ce qui ne manque pas de procurer (pour le lecteur, car pour les protagonistes, ce n’est rien que de très habituel) de petites notes d’humour, assez fugaces, trop sans doute à mon goût. On apprend aussi que ce monde est celui des hommes, les femmes ont toutes été décimées par le virus du Bruit, et Todd est le dernier enfant. Dès le premier chapitre, le jeune héros, Todd Hewitt, trouve un endroit imprécis et inconnu, un endroit sans bruit. Il fera, au cœur de ce silence, une rencontre qui va changer sa perception du monde. Les événements s’enchaînent ensuite, qui obligent Todd à fuir la ville où il a toujours habité, et les deux hommes qui l’ont élevé. (non, ce n’est pas le sujet de la famille homoparentale qui est évoquée, il n’y a plus de femmes…)
Passé l’enthousiasme du début, je suis globalement un peu mitigée, notamment parce que les personnages n’ont pas réussi à m’intéresser vraiment. Todd n’est pas très attachant, ses réactions pas toujours cohérentes, ce qui peut s’expliquer par son âge. Certaines situations semblent récurrentes, les combats en particulier, dans ce monde sans pitié où Todd doit lutter pour survivre et continuer, ces combats m’ont indifféré quelque peu, leur issue étant souvent prévisible.
Les thèmes du mensonge, et de la vérité, donnent lieu à des réflexions et des rebondissements intéressants, l’idée des pensées entendues de tous est fort bien exploitée, dans diverses situations.
J’avoue bien volontiers que ce premier tome est haletant, difficile à lâcher, et qu’il se termine sur un moment crucial qui donne envie de se précipiter sur la suite, mais… j’avais la suite, justement, à portée de main. Eh bien, je n’ai pas dépassé 100 pages. Rien à faire avec ce deuxième tome, les enjeux pour le jeune héros avaient changé, là où je trouvais de l’intérêt dans le premier tome : la survie dans un monde hostile, la solitude, la recherche d’explications, l’amitié, plus rien ne me passionnait dans le second…

Extrait : Je sais ce que vous pensez, comment je peux ne pas comprendre puisque toute la journée, tous les jours j’entends chaque pensée des deux hommes de la maison ? Mais c’est comme ça. Le Bruit, c’est du bruit. Ça craque et ça crépite et ça finit généralement dans une grande purée de sons et de pensées et d’images, et la moitié du temps, impossible d’y comprendre quelque chose. L’esprit des hommes est rien qu’un fouillis, et le Bruit, c’est comme la version active, respirante, de ce fouillis. C’est ce qui est vrai et ce qui est cru et ce qui est imaginé et ce qui est rêvé, et ça dit une chose et son contraire total en même temps, et même si la vérité s’y trouve forcément, comment faire la différence entre ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas quand vous captez tout, absolument tout ?

Brize, Cathulu, Karine sont emballées, Cachou et Mélo un peu plus mitigées.

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14 réflexions au sujet de « Patrick Ness, La voix du couteau Le chaos en marche, I »

    1. Ton avis, et un ou deux autres, m’avaient attirée, et quand je l’ai vu à Masse critique, j’ai tenté ma chance… Ce n’est pas très concluant, même si le premier tome m’a bien tenue en haleine, je commençais à le trouver un peu longuet.

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  1. Je crois que ce n’est pas trop pour moi ce genre de truc… Même si ce que tu dis sur le style m’attire un peu. Pas sûre que ce soit suffisant…

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  2. Un très gros coup de cœur pour moi que cette trilogie. J’avais trouvé l’écriture originale et l’histoire changeait des autres dystopies. Le dernier volume est déroutant avec une tendance mystique intéressante.
    De Patrick Ness j’ai lu aussi le très beau et très différent « Quelques minutes après minuit ».

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