littérature Amérique du Nord·rentrée automne 2014

Tim Gautreaux, Nos disparus

nosdisparusRentrée littéraire 2014
L’auteur :
Né en
Louisiane , 1947 Timothy Martin Gautreaux est un romancier et nouvelliste. Il est issu d’une famille de pilotes et mécaniciens de bateaux à vapeur et de remorqueurs. Des gens qui descendaient eux-mêmes de shérifs ou assimilés. Professeur à l’Université de Louisiane du Sud, il commence à publier des nouvelles dans des magazines et, en 1996, sort son premier recueil, Same Place, Same Things. Écrivain tardif, Tim Gautreaux rattrape le temps perdu avec un roman, The Next Step in the Dance (1998), puis un nouveau recueil, Welding with Children (1999), et deux autres romans, The Clearing (Le dernier arbre) en 1999 et The Missing (Nos disparus) en 2009.
540 pages
Editeur : Seuil (août 2014)
Traduction : Marc Amfreville
Titre original : The missing


Le roman commence sur un bateau, avec un débarquement. Il s’agit de jeunes américains, malades d’une éprouvante traversée, qui arrivent à Saint-Nazaire le 11 novembre 1918. La guerre étant terminée, ils sont affectés au nettoyage des zones de combats. Parmi ces jeunes gens, Sam Simoneaux, dont la famille a été massacrée alors qu’il avait six mois. On retrouve Sam quelques années plus tard, à la Nouvelle-Orléans, responsable d’étage d’un grand magasin. Une petite fille est enlevée dans les rayons dont il a la charge, et Sam en gardera une culpabilité qui va influer sur la suite de sa vie, le lançant dans une quête dont il ne sortira pas indemne. Il commence par se faire engager sur le bateau, celui-là même où les parents de la petite Lily Weller travaillent.
Si l
e début manque un peu de rythme, passant rapidement sur une longue période, puis s’attardant, des personnages secondaires apparaissant dont on ne sait pas s’ils vont être importants ou pas, assez vite, tout se met en place, les personnages acquièrent une belle consistance et le roman devient passionnant. J’ai été épatée par la manière de recréer des lieux et des paysages, que ce soit la forêt d’Argonne après la guerre, les rues de La Nouvelle-Orléans dans les années 20, un bateau-dancing sur le Mississippi ou les usines qui crachent leur fumée sur les berges du fleuve, on s’y croirait ! Sans compter des coins complètement déshérités, au milieu de marais infestés de moustiques, zones où aucun shérif ne se risque jamais et où Sam Simoneaux devra aller poursuivre sa quête.
Le style, les événements dramatiques qui se succèdent, la noirceur de l’ensemble, contrebalancée par l’humanité de Sam, tout m’a séduit dans ce roman. C’est une découverte qui m’a fait forte impression que l’univers de cet auteur, et je ne manquerai pas de lire bientôt Le dernier arbre, qui m’attend dès maintenant dans ma pile à lire !

Extraits : Mais quelques jours plus tard, quand ils sautèrent à bas du camion débâché maculé de boue, ils découvrirent un paysage mort et recouvert d’une pellicule de glace, parsemé de cratères d’obus et piqué d’arbres détruits, un immense cimetière de chariots éventrés, de citernes renversées et de pièces d’artillerie de toutes sortes corrodées par le givre.

Il y avait dans sa vie des disparus qui découpaient d’énormes trous dans le ciel de la nuit, et Sam savait qu’il n’y pouvait rien.


Les billets de Joëlle et Papillon, ainsi qu’Alex.

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38 réflexions au sujet de « Tim Gautreaux, Nos disparus »

    1. Je lirai Le dernier arbre ensuite, c’est prévu. Pas d’égarement ici, une fois sur les rails, le roman progresse à son rythme, certes, mais la construction se tient bien.

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  1. Tu me donnes envie, je le note ! C’est rigolo car le nom (Gautreaux) sans le « X » est très typique de ma région, comme beaucoup de noms en « eau » d’ailleurs mais particulièrement celui-ci…

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  2. J’ai beaucoup aimé son premier roman traduit en français et celui-là me plaira sans doute. J’ai un peu exagéré à la rentrée et du coup un peu trop entendu parler de ce livre, j’attends un peu et je m’y colle.

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  3. Je note donc qu’il va falloir que je m’accroche au début, mais j’ai très envie de le lire. Il semble avoir un petit côté polar, non ?

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    1. On pourrait penser à un polar, d’après le résumé, mais les amateurs de polars purs et durs le trouveraient lent. On est plus dans un roman noir, dans un drame… Moi, c’est tout ce que j’aime ! 😉

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  4. Comme Dominique, j’ai trouvé que le premier roman de cet auteur était un peu bancal, très inégal, j’e avais des sautes de lecture ; je dévorais des dizaines de pages puis, je calais en soufflant d’ennui … Visiblement, celui-ci est mieux construit. Je le note mais pour une sortie en poche seulement, je me méfie quand même …

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