littérature France·rentrée automne 2014

Thierry Beinstingel, Faux nègres

fauxnegresRentrée littéraire 2014
L’auteur :
Né à Langres en 1958, Thierry Beinstingel est cadre dans les télécommunications. Il a publié, aux éditions Fayard, Central (2000), Composants (2002), qui a reçu une mention au prix Wepler 2002, Paysage et portrait en pied-de-poule (2004) C.V. Roman (2007), Retour aux mots sauvages (2010) et Ils désertent en 2012.
422 pages
Editeur : Fayard (août 2014)

Aujourd’hui, vous avez de la chance ! Enfin, du moins, ceux qui comme moi, remplissent des listes interminables de livres à lire absolument, ou qui en ont assez que tous les romans de la rentrée soit unanimement formidables, à en croire les hebdomadaires ou mensuels consacrés à la littérature.
Pourtant, ce roman de Thierry Beinstingel, je l’avais repéré et élu entre six ou sept romans de la rentrée présents sur l’étagère des nouveautés à la bibliothèque. J’avais beaucoup aimé, tant pour le fond que pour la forme, Retour aux mots sauvages ainsi que Ils désertent, deux romans qui l’un autant que l’autre savaient marier des tableaux de notre société, du monde du travail, avec une langue originale et tout à fait en adéquation avec les thèmes.
Dans ce troisième roman que je lis, un journaliste rapatrié du Moyen-Orient se voit attribuer, un peu par défaut, un reportage au cœur d’un village de Haute-Marne qui s’est fait remarquer pour avoir fait le score le plus élevé à la dernière présidentielle pour un parti d’extrême-droite jamais nommé, mais dont les initiales figurent en couverture du roman. Il est accompagné d’un preneur de son aveugle, et le duo s’installe dans une chambre d’hôtes de ce village, et tend son micro ici ou là. Quelques personnages émergent, une agriculteur vieillissant, le maire, un ado amoureux, une femme au foyer délaissée…
Mais cette fois, de mon point de vue, ça ne marche pas. La forme semble intéressante, tout d’abord, avec des chapitres qui alternent le point de vue du reporter, et d’autres qui forment une sorte de chœur qui commente l’histoire du village, depuis les origines. Des personnages historiques reviennent dont un poète que l’auteur semble affectionner. Je ne vois vraiment pas ce qu’Arthur Rimbaud vient faire dans ce livre (ça marchait mieux dans Ils désertent) et dans ce village : à la troisième ou quatrième évocation du frais cresson bleu, j’ai commencé à m’agacer, mais la répétition, les listes, semblent des figures récurrentes choisies par l’auteur, et donc j’ai dû m’y faire.
J’ai relevé quelques clichés au cœur de chapitres assez passionnants, ce qui ne m’a pas empêché de continuer. Pourtant, au fur et à mesure des pages, et malgré un drame qui relance l’intérêt, j’ai eu l’impression que le roman tournait en rond, et ne m’apportait plus rien. Je l’aurais volontiers vu avec quelques dizaines de pages en moins. Il est sans doute plus ambitieux que les deux précédents, mais semble moins personnel, et c’est peut-être son défaut… Je n’irai pas par quatre chemins, mon sentiment est plus proche de la déception que de l’enthousiasme. Nul doute que d’autres le trouveront passionnant, mais au moins, vous le saurez : il ne plaira pas à tout le monde !

Extrait : Le premier pavillon de ce premier lotissement existe toujours. Il appartient à présent à un routier solitaire et les volets sont toujours fermés. Les autres occupants sont arrivés à la suite du premier avec les mêmes ambitions, avoir une baignoire, une chambre pour chacun des enfants. La plupart sont restés. À l’époque, faire construire était un aboutissement durable. Nous comptons maintenant deux veufs, trois veuves et quatre couples vieillissants. Ceux qui ne se sont pas brouillés au fil des années s’échangent à l’occasion les photographies des petits-enfants.

A voir : Une vidéo où l’auteur présente son livre… je ne le trouve pas très convaincu…

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40 réflexions au sujet de « Thierry Beinstingel, Faux nègres »

  1. J’attends un peu que la rentrée littéraire soit passée avant de me jeter sur tout et n’importe quoi ou alors j’y vais avec des auteurs que j’aime déjà (courageuse mais pas trop^^) …donc pour l’instant je n’ai pas lu grand-chose (si, 2 !!!). Je ne connais pas du tout cet auteur mais le ton ne me dit rien ! A voir peut-être avec les précédents dont tu parles…

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  2. Je guettais un avis sur ce roman, c’est donc par toi qu’il arrive. Je note tes réserves, mais j’ai toujours envie de le lire. J’attendrai qu’il arrive à la bibliothèque.

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    1. J’ai hésité à en parler, car ce n’était pas évident, mais je me suis dit que ça pourrait rendre service à d’autres… Le projet était effectivement très (trop ?) prometteur.

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  3. J’étais tentée par ce livre… jusqu’au moment où je l’ai eu en main, en librairie. Et là, j’avoue l’avoir reposé et en être restée là. Ton billet me conforte dans l’idée qu’il me faudrait découvrir cet auteur par le biais d’un autre titre. Je pensais à Ils désertent, justement.

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  4. Je l’ai lu et n’en ai pas parlé… j’avais préparé un billet mais sincèrement, je n’ai pas réussi à mettre des mots sur les divers sentiments/avis que j’ai eus en le lisant…. en gros comme toi, déçue, alors qu’il y avait l’idée et la matière….

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  5. Déjà que je n’avais pas été emballée par Ils désertent. Ma collègue de français me dit que plus elle travaille Ils désertent (elle le fait étudier à ses terminales), plus elle le trouve réussi.

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    1. Toi aussi ! J’ai bien fait d’écrire ce billet alors, je me croyais un peu seule à l’avoir ressenti comme ça (ce qui m’arrive assez souvent) mais j’étais aussi étonnée de ne pas lire de billet du tout sur ce livre…

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  6. Je suis contente de pouvoir dire que je n’ai pas fait beaucoup de faux pas en cette rentrée, même si je n’ai pas choisi tous les livres que j’ai lus. Celui-ci n’est je crois pas dans mes cordes de toute façon…

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