littérature Amérique du Nord·rentrée automne 2014

Jami Attenberg, La famille Middlestein

 

famillemiddlesteinRentrée littéraire 2014
L’auteur :
Jami Attenberg est écrivain et journaliste, entre autres pour The New York Times et The Wall Street Journal. La Famille Middlestein (The Middlesteins, 2012) est son troisième roman, le premier publié en France, et a été traduit dans une quinzaine de pays. Originaire de Chicago, elle vit aujourd’hui à New York.
384 pages
Editeur : Les Escales (août 2014)
Traduction : Karine Reignier-Guerre
Titre original : The Middlesteins

Ce portrait de famille commence avec la petite Edie, cinq ans et déjà quelques kilos de trop… la scène dans l’escalier avec sa mère qui refuse de la porter donne le ton, tragi-comique, tendance comique, de ce roman. On retrouve Edie bien plus tard, mère et même grand-mère, incapable de réfréner un appétit toujours insatiable. Sa santé s’en ressent évidemment, et toute la famille tente de se mobiliser pour lui venir en aide. Mais chacun a aussi d’autres soucis, de Richard, le mari d’Edie, qui songe à recommencer une nouvelle vie, à son fils qui se fait du souci pour ses cheveux, de sa fille, éternelle célibataire, à sa belle-fille, reine de l’organisation de bar-mitsvah… Car la famille Middlestein représente la communauté juive de Chicago, ils furent même parmi les premiers à s’installer en banlieue, où Richard a monté une pharmacie, puis deux, puis trois. Mais si la famille a bien réussi dans la vie, leur principales difficultés viennent de ce que leur culture familiale ne met pas au premier plan la communication, et que trop de non-dits s’accumulent, et cela donne un aspect vraiment universel à l’histoire.
Avec un parfait sens de la dérision, Jami Attenberg ne se contente pas d’aligner des scènes cocasses ou plus touchantes, elle excelle à construire son roman en alternant le présent avec les retours dans le passé. Elle s’est même amusée à imaginer l’avenir de ses personnages, et inclut quelques paragraphes qui permettent de savoir, avant même la fin du roman, ce qu’untel ou tel autre sera devenu dix ans plus tard, et cela fonctionne fort bien. On se prend de sympathie pour la famille dans son ensemble, chacun a ses faiblesses, mais chacun est capable de faire quelques efforts pour le bien commun et surtout pour celui d’Edie. Mais Edie veut-elle être aidée ? Le thème de la nourriture est aussi au cœur du roman, il n’y a pas que Edie qui ait des rapports compliqués avec la nourriture !
Bref, vous l’aurez compris, j’ai passé un excellent moment, trop court même, avec cette famille attachante. J’étais en plein milieu du roman, lorsque j’ai vu Jami Attenberg lors d’une rencontre du Festival America, et j’ai eu l’impression qu’elle sortait tout droit de son livre, tant elle ressemblait à l’image que je m’étais faite de la fille d’Edie. Et bien que Liliane Kerjean, qui animait ce débat, ait raconté la fin du roman, je l’ai terminé avec un aussi grand plaisir !

Extrait : Middlestein se fraya un chemin entre les voitures, empreintes de pas sur le gravier, nuages de poussières dans al lumière des phares. A l’intérieur, les violoneux violonaient. Il lissa sa veste de costume, passa une main dans ses beaux cheveux gris pour les ébouriffer. Richard Middlestein, petit chef d’entreprise de confession juive, père, grand-père, homme parmi les hommes (du moins l’espérait-il), s’apprêtait à entrer dans un pub crasseux, bourré à craquer (le genre d’endroit où il ne mettait jamais les pieds le vendredi soir) pour aller conquérir la femme de ses rêves.

L’avis de Cuné

L’auteur au Festival America :
sa fiche

une vidéo à voir.

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14 réflexions au sujet de « Jami Attenberg, La famille Middlestein »

  1. Je l’ai vue, mais au salon du livre du festival, je sais que ce genre de roman est absolument ce que j’aime, mais j’avais décidé « no book! » Maintenant j’espère le lire, tranquillou!
    (en effet les animateurs et autres journalistes parfois sont abominables!)

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    1. Tu as bien raison, mieux vaut éviter les achats impulsifs sur les salons… et c’est le genre de livre qu’on trouve facilement par la suite, pas une petite édition rare !
      (oui, donc, la journaliste à commencé à raconter que la grand-mère… ah, je ne peux pas le dire moi non plus ? )

      J'aime

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