littérature Moyen-Orient·rentrée hiver 2014

Etgar Keret, Sept années de bonheur

 

sept-annees-de-bonheurL’auteur : Etgar Keret, né en 1967 à Tel-Aviv, est écrivain, scénariste de bande dessinée et cinéaste. Il a écrit sa première nouvelle, alors qu’il avait 19 ans et faisait son service militaire. C’est une personnalité de premier plan dans son pays.
210 pages
Editions
de l’Olivier (mai 2014)
Traduction : Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso

Pour la première fois, Etgar Keret sort de la fiction et des scenarii de films pour parler de lui-même et de sa famille… Les voyages en avion, les chauffeurs de taxi, tout comme les attentats ou la naissance de son fils, toutes les anecdotes ou les faits marquants des sept années qui vont de la naissance de son enfant jusqu’à la mort de son propre père, donnent lieu à des scènes souvent drôles, parfois mélancoliques ou tendres, toujours racontées avec un humour incisif. Certaines pages sont réjouissantes, parmi lesquelles celle des dédicaces personnalisées imaginées par Etgar, ou la solution trouvée par son ami Uzi pour le débarrasser de cauchemars angoissants, ou les exploits de son petit Lev de quatre ans à l’école… Les portraits de sa famille sont touchants, sa mère et leurs conversations qui tournent en rond, son père malade, son frère à qui il a toujours tellement souhaité ressembler, sa sœur perdue depuis qu’elle est mariée à un orthodoxe.
J’ai vraiment pris plaisir à lire ces scènes de vie quotidienne, ces moments universels qui sous la plume d’Etgar Keret prennent une saveur particulière.

Extraits : Il y a plus bizarre encore : pour moi, ces vols ne consistent pas seulement à consommer l’espèce de plateau-télé réchauffé que le pisse-copie sardonique de la société aérienne à jugé bon de baptiser « Délices de Haute Altitude ». Ils représentent aussi une espèce de retraite, un moment de désengagement méditatif. Pendant tout le temps que durent ces vols, le téléphone ne sonne pas et Internet ne fonctionne pas. La maxime selon laquelle le temps de vol n’est que du temps perdu me libère de mes angoisses et de mes accès de culpabilité, elle me dépouille de toute ambition pour faire place à une autre sorte d’existence, une existence idiote, béate, du genre qui n’essaie pas de tirer parti, le meilleur parti possible, du temps mais se contente de trouver la façon la plus agréable de le gaspiller.

Quand je tente de reconstruire ces histoires que mon père me racontait voilà tant d’années, je me rends compte qu’au-delà de leurs intrigues fascinantes, elles étaient destinées à faire mon éducation. À m’apprendre quelque chose du désir non pas d’embellir la réalité, mais de ne jamais renoncer à trouver un angle qui mette la laideur sous un meilleur éclairage et suscite affection et empathie pour les verrues et les rides de son visage ravagé.

Lu par Aifelle (merci !) et Keisha (tu avais raison, il est trop court !)

 


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17 réflexions au sujet de « Etgar Keret, Sept années de bonheur »

  1. J’ai particulièrement aimé les histoires relatives à la Pologne. Pour c’était une belle découverte d’un auteur, je continuerai avec ses nouvelles.

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