littérature Amérique du Nord·nouvelles

Anthony Doerr, Le mur de mémoire

 

murdememoireL’auteur : Couronné à plusieurs reprises par des prix importants, Anthony Doerr est un écrivain né à Cleveland en 1973.
Sélectionné par la revue Granta comme l’un des meilleurs jeunes auteurs écrivains américains, il a déjà publié chez Albin Michel
Le nom des coquillages (2003) et A propos de Grace (2006).
Le mur de mémoire a été couronné par le Story Prize et par le Sunday Times Short Story Award, l’un des plus importants prix récompensant des nouvelles.
304 pages
Editeur : Albin Michel (février 2013)
Traduction : Valérie Malfoy
Titre original : Memory wall

 

J’ai lu seulement une partie de ce recueil de nouvelles, à la fois pour participer dans les temps au mois de la nouvelle de Flo et aussi pour fractionner un peu ma lecture, assez exigeante, pour une fin d’année bien remplie!
Je ne vous évoquerai donc que les trois premières nouvelles. Celle qui inaugure le livre est de loin la plus longue, pas loin de 100 pages. La surprise vient aussi de l’époque… On s’attend à un voyage dans le passé, avec le titre Le mur de mémoire et les fossiles en couverture, et on se retrouve dans un futur proche, et en Afrique du Sud, qui plus est… alors que l’écrivain est américain. Peut-être ce début m’a-t-il un peu déstabilisée, car je n’ai guère senti d’émotion. Toutefois la tension et l’émotion vont crescendo et j’ai apprécié de plus en plus l’écriture et les personnages. Il s’agit donc d’une femme riche et âgée, qui, atteinte probablement d’Alzheimer, a recours à une nouvelle technologie qui lui permet de conserver sa mémoire, cependant qu’un individu tente justement de récupérer l’un de souvenirs, qui pourrait se monnayer. Les variations sur le thème de la mémoire, souvent utilisées dans les romans, ont ici un intérêt nouveau et différent, et le style m’a particulièrement séduit. Un petit extrait ? Ce qu’il a de bien, ce passage, c’est qu’il résume presque la nouvelle tout en restant bien mystérieux.
Qu’est-ce qui fait sens dans la vie de Luvo ? Le crépuscule dans le Karoo fait place à l’aube à Cape Town. Ce qui est arrivé il y a quatre ans vient d’être revécu il y a vingt minutes. La vie d’une vieille femme devient celle d’un jeune homme. Un visionneur de souvenirs rencontre une gardienne de souvenirs.
La deuxième nouvelle, Engendrer, créer, est plus ancrée dans la réalité, sur le thème de la difficulté à concevoir un enfant, et du flottement dans la vie de couple qui s’ensuit.
Dans la troisième nouvelle, courte, La zone démilitarisée, un père relit des lettres de son fils militaire en Corée, et les personnages ne sont presque jamais nommés, sauf par il ou elle. Elle possède une fin totalement inattendue et montre encore l’étendue des qualités de l’auteur à analyser les moindres ressorts psychologiques.
Je garde les autres nouvelles pour plus tard, en espérant vous avoir fait découvrir un peu un auteur et donné quelque envie de le lire à votre tour.

Citations : Le néant est la seule permanence. Le néant est la règle. L’exception c’est la vie.

La mémoire est une maison aux dix mille pièces ; c’est un village condamné à être submergé.

Nous enterrons notre enfance çà et là. Elle attend toute notre vie, que nous revenions l’exhumer.

Les lectures d’Anne, Clara, Jérôme et Marilyne.

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22 réflexions au sujet de « Anthony Doerr, Le mur de mémoire »

  1. Beaucoup aimé ce recueil ( j’ai lu ensuite son premier, très réussi aussi, avec également un fil rouge thématique ), tu as encore de belles lectures à venir… ( je pense à deux nouvelles précisément 🙂 )

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  2. Ma préférée n’est pas dans les trois premières, bien que tu me rappelles déjà d’excellents souvenirs de lecture ! Quel magnifique recueil !! Le roman, trouvé en bouquinerie, m’attend aussi.

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  3. Ah je suis contente, je ne noterai rien ici aujourd’hui. Je ne suis pas fan de nouvelles et le thème de celles-ci ne me tente pas du tout.

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  4. hou la la, les extraits que tu mets me paraissent très exigeants quand même, et vu que j’ai du mal à me faire au format de la nouvelle, j’ai peur de passer mon tour, bien que le titre soit splendide….

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  5. « Légèrement » poussée par Marilyne, j’ai voulu tenter ce recueil l’an dernier et j’ai calé dès la première (très longue, si je me souviens bien) nouvelle. Je l’ai ré-emprunté pour tester un autre texte et même topo donc j’ai enterré l’auteur et le livre mais je te souhaite d’en venir à bout un jour !
    Pourtant, j’aimais le titre…

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