littérature Europe du Sud·premier roman·rentrée automne 2013

Valentina D’Urbano, Le bruit de tes pas

 

bruitdetespasRentrée littéraire 2013
L’auteur :
Le bruit de tes pas est le premier roman de Valentina D’Urbano, illustratrice de livres pour la jeunesse, née en 1985 dans une banlieue de Rome.
238 pages
Editeur : Philippe Rey (septembre 2013)
Traduction : Nathalie Bauer
Titre original : Il rumore dei tuoi passi

En préparant ce billet, j’ai été étonnée par la jeunesse de l’auteur. Elle décrit des événements qui se sont déroulés plus de dix ans avant sa naissance, elle entre au plus intime des vies, décrit des sensations qui pourraient lui être étrangères, comme s’il s’agissait de son vécu à elle. C’est le lot commun des auteurs de romans, mais dans ce cas, c’est assez impressionnant.
Le décor, nommé « La forteresse », un ensemble d’immeubles jamais terminés et squattés par leurs habitants, est décrit avec un réalisme qui est le mot venant immédiatement à l’esprit en parlant de ce roman. Il est dans le même registre que D’acier de Silvia Avallone, il va même encore plus loin dans la noirceur et le délitement dramatique des vies.
Beatrice a toujours vécu dans cette banlieue oubliée de tous, dans une famille très pauvre, mais qui tente de garder quelque dignité. A l’étage au-dessus vient s’installer un père alcoolique, violent, et ses trois garçons. Beatrice, au seuil de l’adolescence, va se lier avec Alfredo, au point qu’on les surnomme « les jumeaux ». Ils vont être trop vite catapultés dans les troubles de la jeunesse, les tentations de la liberté, sous toutes ses formes, même les pires… Des deux, Beatrice reste la plus forte, mais que peut-elle faire pour parvenir à son rêve de faire quelque chose de sa vie ?
Ce roman est un des plus rudes que j’ai lu récemment, et pourtant, je ne suis pas spécialement adepte de la guimauve ! Les dialogues comme les situations sont âpres, ça cogne, ça remue, on reçoit tout en pleine figure ! J’ai admiré l’écriture et la traduction qui rendent si bien l’atmosphère qu’on a l’impression de les avoir vraiment côtoyés, cette bande de jeunes romains… Des lignes d’introduction à la dernière page, grâce à une construction très maîtrisée, l’émotion court, et quelques scènes percutantes me resteront en mémoire…

Extraits : Parfois, on oublie les choses qu’on a vécues. On les laisse de côté parce qu’elles semblent infantiles, absurdes, et on les abandonne, on les refoule. Puis un événement vient les ramener à votre mémoire. Et la vision de la réalité se modifie.
C’est une sorte d’étang. Son eau est claire, inerte. Mais si l’on jette un caillou dedans, elle s’agite, se remplit de terre, se trouble.
Cette terre qui salit l’eau était là, immobile, avant qu’une main décide de la faire remonter à la surface. Mais ça ne durera pas, bientôt tout rentrera dans l’ordre.
C’est un cycle.

Alfredo ne s’apercevait jamais de rien. Il s’abandonnait aux choses sans opposer de résistance. C’était un geignard, un morveux, ce genre de mec qu’on a d’instinct envie de tabasser, ce genre de mec dont la seule présence vous insupporte. Moi, je le détestais.
Et je l’aimais plus que je ne le croyais.
Maintenant je le sais…


Les avis d’Antigone, A propos de livres, Laure, Noukette, Val, Yvon.  

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42 réflexions au sujet de « Valentina D’Urbano, Le bruit de tes pas »

  1. J’ai lu pas mal d’articles sur ce romans qui m’a l’air très sombre, trop pour moi en ce moment où j’ai besoin d’autre chose de plus lumineux peut être…

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  2. Je vais passer mon tour : je suis une petite nature 😉 (sérieusement, tout comme toi, je ne suis pas une adepte de la guimauve mais j’ai mes limites dans la noirceur, l’âpreté).

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  3. Bah je dis comme Jérôme, avec une référence à D’acier, comment résister?… Je note le titre, je pense que je serais passée à côté sans ton billet. Merci!

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  4. J’avais lu « d’acier »… si celui là est encore plus fort, qu’est-ce que ce doit être ! Je découvre ton blog avec plaisir, Kathel. Et hop, dans mes favoris !

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  5. En principe j’aime les romans qui sont inscrits dans la réalité et là, en plus, c’est la réalité des banlieues. Je suppose que le via n’y est pas plus rose qu’en France! On ne peut pas toujours lire des livres optimistes!

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