littérature France·premier roman·rentrée automne 2013

Karin Serres, Monde sans oiseaux

mondesansoiseauxRentrée littéraire 2013
L’auteur :
Née en 1967, Karin Serres écrit depuis toujours. Elle est aussi illustratrice, traductrice et metteuse en scène de théâtre. Elle a écrit près de vingt-cinq pièces de théâtre, ainsi que des romans jeunesse. Monde sans oiseaux est son premier roman.
106 pages
Editeur : Stock (Collection La forêt, août 2013)

Dès qu’on hasarde un œil, ou un orteil, ou le bout du nez dans ce roman, on se trouve transporté dans un autre univers. Celui qu’on connaît semble exister toujours, cependant, comme cela se confirme au bout de quelques chapitres. Il y a une ville, quelque part, au-delà du lac qui est tout l’univers de Petite boîte d’os, ainsi nommée par son père pasteur à sa naissance. La jeune fille est née là, dans ce village lacustre entouré de forêts, où on élève des cochons devenus fluorescents, où l’on vit de pêche, d’élevage, de trois fois rien.
Il faut vraiment se laisser porter par l’écriture en courtes touches, en images poétiques, se laisser aller à croire à cet univers, à accepter que le temps y passe plutôt vite, et que rien ne change finalement. Petite boîte d’os grandit avec ses différences, sa rébellion, devient une femme, vit une histoire d’amour, sans qu’elle ait semblé grandir… Un moment, on se demande si l’auteur va vraiment quelque part, puis la vie évolue, les gens naissent et meurent, les maisons montent au fur et à mesure de la montée des eaux, les cochons restent. Après tout, est-ce si important d’aller quelque part ?
Si vous aimez les dystopies, les univers pas forcément roses, (ne vous laissez pas abuser par les cochons !), les textes courts qui ne s’embarrassent pas d’explications, laissez-vous tenter et sans doute charmer. Ce premier roman est remarquable à bien des égards et je n’ai pas regretté être tombée dedans !


Citations : Il paraît que nous sommes une sorte de réserve : derrière les montagnes qui rapetissent, une vie urbaine âpre et polluée ferait rage tandis que nous, pêcheurs traditionnels, éleveurs de cochons mutants, nous vivrions dans le passé. 

Petite Boîte d’Os la destructrice, on devrait m’appeler. Ou bien Ravage. Je ne les supporte plus, tous, leurs vies, nos vies ordonnées, régulières et policées. Je déteste notre joli village aux jolies maisons multicolores, bien droites et propres au-dessus de leur joli reflet. Je hais les jours qui se succèdent, toujours les mêmes. Le temps passe, je grandis, mon destin se dessine au-dessus de l’eau plate, planche après planche, pas après pas : mariage, enfants, promenade, vaisselle et je n’en veux pas.

D’autres avis (divers et variés) chez Aifelle, Hélène, Jérôme, Marilyne et Sandrine.

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31 réflexions au sujet de « Karin Serres, Monde sans oiseaux »

  1. l’ayant aperçu chez Aifelle je l’ai emprunté en bibliothèque mais je suis restée extérieure à ce récit et je ne suis pas parvenue à m’intéressée à l’histoire

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  2. Tu traduis très bien ma perplexité face à ce roman encensé sur les blogs et au menu des presque tous les palmarès/best of de fin d’année.
    J’ai aimé le style de l’auteur, ma lecture a été globalement agréable (même si je n’ai pas trouvé que les cochons fluo apportaient grand-chose à l’histoire). Mais j’ai refermé le livre en me disant « Oui, et alors ? » (j’aurais aussi pu dire : « Tout ça pour ça »). Sans parler d’explication (j’ai horreur des romans démonstratifs), il m’a manqué un « sens » à tout ça.

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