littérature Europe de l'Ouest·rentrée automne 2013

Toine Heijmans, En mer

enmerRentrée littéraire 2013
L’auteur :
Toine Heijmans est né en 1969 à Nimègue, dans l’Est des Pays-Bas. Pendant ses études d’histoire à l’Université de Nimègue, il a travaillé pour des quotidiens locaux. Depuis 1995, il a rejoint la rédaction du journal De Volkskrant, à Amsterdam. Il est également l’auteur d’ouvrages de non-fiction : La Vie Vinex, sur un nouveau quartier d’Amsterdam, Die Asielmachine, qui se compose de témoignages de demandeurs d’asile aux Pays-bas et Respect !, sur le jeune milieu du rap en Europe. En mer est son premier roman.
156 pages
Editeur : Christian Bourgois (août 2013)
Traduction : Danielle Losman
Titre original : Op zee
Prix Médicis étranger 2013

Avant de faire un billet de mes découvertes de l’année, je me devais de parler de ce roman néerlandais, faisant partie d’une série de bonnes pioches effectuées en bibliothèque. Il me rappelle que j’ai souvent eu l’occasion de faire des découvertes passionnantes parmi les littératures européennes !
Un navigateur, après quelques mois en solitaire en mer, emmène sa fille pour la dernière partie du trajet, une broutille, du Danemark à chez lui aux Pays-Bas. Quand on sait que la petite n’a que sept ans, et que les conditions météorologiques ne sont pas forcément parfaites, il y a de quoi s’inquiéter. Toutefois, la mère (j’ai failli écrire la mer) a donné son accord pour cette sortie, afin que le père retrouve sa fille. Les préparatifs étant faits, ils partent tous les deux. Petit à petit, le lecteur en apprend plus sur le père qui a obtenu de son employeur un congé sabbatique, loin de sa routine habituelle, et tout ce qu’il apprend tend à faire monter l’angoisse.
Parfaitement mené, le récit fait monter la tension, jusqu’à un événement plus stressant que les précédents, et une fin totalement inattendue ! L’écriture et la traduction sans fausses notes, les thèmes abordés, en particulier la paternité, la dépression, m’ont beaucoup plu et j’ai dévoré ce roman, je pense d’ailleurs qu’il n’est possible QUE de le dévorer, et assez facilement compte-tenu de son petit format… J’ai lu des comparaisons avec Sukkvan Island, je ne saurais dire, puisque je n’ai pas voulu lire ce dernier, mais en tout cas je vous conseille sans réserves En mer !

Extrait : Un pêcheur marchait sur l’embarcadère, longeant le bateau. Je suis sorti par l’écoutille de secours pour le regarder. Un homme grand, chaussé de bottes en caoutchouc ; il portait un pantalon de ciré orange vif. Il a fait un signe de tête. Je l’ai interrogé sur la météo. Le pêcheur n’a pas répondu. J’ai répété ma question. Il a levé les bras puis les a laissé retomber.
« Only God knows. »
Il avait bu. Il me rappelait le prophète qui apparaît au début de Moby Dick. Un clochard ivre qui prévient Ismaël de ne pas embarquer sur la baleinière, parce que le bateau court un danger. Dans le livre, le prophète a raison. Mais ce voyage-ci n’était pas un livre. Jusqu’à présent tout s’était bien passé, et tout allait bien se passer.

Lu aussi par Clara, Mot à mots, Virgule

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38 réflexions au sujet de « Toine Heijmans, En mer »

  1. Bonjour Kathel, quand je lis « Sukkvan Island »: je fuis (j’ai détesté). Je suis persuadée qu’En mer est nettement mieux. Tu es au moins la deuxième qui en dit du bien. Je note. Bon samedi.

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    1. Je me suis arrêtée aux avis négatifs comme le tien concernant Sukkvan Island et ne l’ai donc pas lu… La comparaison est à mon avis en faveur de En mer que tu as raison de noter !

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  2. J’ai Sukkwand Island dans ma PAL bibliothèque, je le prends, le tourne et le retourne dans l’ouvrir, je crois que je vais le rendre. Pas envie non plus de lire celui-ci

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  3. Tout de suite, en lisant le début de ton billet, j’ai pensé à Sukkwand Island qui m’avait tellement troublé quand il est paru. et dont je me souviens encore presque dans les moindres détails alors que j’oublie facilement les derniers livres lus et mieux aimés. Aussi tu comprends pourquoi je ne ressens pas l’envie de retomber dans le même schéma du père dépressif seul, isolé avec son enfant,dans un endroit hostile. Brr! J’en tremble encore en y repensant! .
    Ceci dit, je te souhaite un « Joyeux Noël »!

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    1. En mer est plein de finesse, on ne sent le côté dépressif du père qu’au bout d’un moment (peut-être même n’aurais-je pas dû en parler)…
      passe de joyeuses fêtes aussi !

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  4. Je l’ai acheté sous la « pression » de ma super libraire ! Ton billet me fait dire qu’il ne va pas rester très longtemps dans ma Pal. Ce que tu en dis me fait penser effectivement à Sukkvan Island,qui m’avait complètement scotchée !

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