classique·littérature îles britanniques

Aldous Huxley, Le meilleur des mondes

meilleurmondesL’auteur : Aldous Leonard Huxley est un écrivain britannique, né le 26 juillet 1894 à Godalming et mort le 22 novembre 1963 (le même jour que Kennedy) à Los Angeles. En plus de son grand succès Le meilleur des mondes, paru en 1932, il a écrit d’autres romans, des essais, de la poésie…
433 pages
Editeur : Le livre de poche (1960)
Traduction : Jules Castier

Le meilleur des mondes, Brave new world, n’a vraiment rien d’une utopie, c’est sans doute même la première dystopie : un monde organisé en castes, conditionnées dès leur conception, où les classes inférieures sont composées d’humains issus d’une même cellule, « jumeaux » par dizaines de paires, où la maternité n’existe plus, et est même objet d’horreur. De ce monde, l’art et la littérature, la religion, la science sont bannis, mais la consommation est plus qu’encouragée, toute chose désagréable a été abolie et le bonheur est obligatoire pour tous.
Heureusement que Huxley a créé le personnage de Bernard Marx, un Alpha un peu à part, qui s’est toujours senti davantage un individu qu’une partie d’un tout, sinon cet univers serait des plus déprimants. Lenina, une jeune femme qui se pose, timidement, quelques questions sur ses sentiments, constituera aussi un personnage intéressant, surtout lorsque, avec Bernard, ils partiront en vacances au Nouveau-Mexique, dans une « Réserve de Sauvages ». Ce terme à lui seul est déjà tout une histoire !
Malgré une lecture qu’on ne peut pas qualifier de facile, ce roman suscite de nombreuses interrogations, et la construction intelligente évite longueurs ou digressions inutiles, tout en abordant au fil de l’histoire d’indispensables questions philosophiques. Aussi édifiant que terrifiant…

Extrait : Des jumeaux identiques, mais non pas en maigres groupes de deux ou trois, comme aux jours anciens de reproduction vivipare, alors qu’un oeuf se divisait parfois accidentellement ; mais bien par douzaines, par vingtaines, d’un coup.
– Par vingtaines, répéta le Directeur, et il écarta les bras, comme s’il faisait des libéralités à une foule. Par vingtaines.
Mais l’un des étudiants fut assez sot pour demander en quoi résidait l’avantage.
– Mon bon ami ! le Directeur se tourna vivement vers lui, vous ne voyez donc pas? Vous ne voyez pas ? Il leva la main ; il prit une expression solennelle.
– Le Procédé Bokanovsky est l’un des instruments majeurs de la stabilité sociale !
 Instruments majeurs de la stabilité sociale.
 Des hommes et des femmes conformes au type normal ; en groupes uniformes. Tout le personnel d’une petite usine constitué par les produits d’un seul oeuf bokanovskifié.
– Quatre-vingt-seize jumeaux identiques faisant marcher quatre-vingt-seize machines identiques !
Sa voix était presque vibrante d’enthousiasme.
– On sait vraiment où l’on va. Pour la première fois dans l’histoire.
Il cita la devise planétaire : « Communauté, Identité, Stabilité. » Des mots grandioses.
– Si nous pouvions bokanovskifier indéfiniment, tout le problème serait résolu.

Ressorti de ma bibliothèque grâce au Blogoclub de lecture que je suis ravie de retrouver ! Les autres billets et les rendez-vous du Blogoclub sont recensés chez Sylire et Lisa.

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34 réflexions au sujet de « Aldous Huxley, Le meilleur des mondes »

    1. J’ai du faire une plongée dans mes étagères, mes livres étant sur deux épaisseurs, mais j’ai fini par le trouver à temps pour le Blogoclub… et j’ai découvert que je ne l’avais pas lu !

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  1. Un grand classique à découvrir, donc, comme Des fleurs pour Algernon, que j’ai lu avec bonheur l’année passée. Je me souviens qu’on avait dû le lire en anglais en 4e belge (c’est-à-dire après un an d’anglais en ce qui me concerne) : une version simplifiée, je crois, que je n’ai jamais lue… oh la cancre… parce que ça me paraissait insurmontable et surtout détestable d’interrompre sans cesse sa lecture en recourant au dictionnaire… (mais la prof était tellement molle que ça n’a eu aucune conséquence…)

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  2. Le fond est passionnant, la forme déplorable : je n’ai pas aimé la prose (trop technique, pas assez lyrique : l’auteur a écrit avec ses pieds, pas de musicalité dans les mots : je ne pense pas que la traduction y soit pour quelque chose)

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    1. La prose est un peu datée, cela doit tenir en partie à l’écriture, en partie à la traduction… je n’ai pas fait attention si vous aviez la même traduction dans les versions plus récentes…

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  3. Lu quand j’avais une vingtaine d’années, il m’avait beaucoup impressionnée. Je n’ai pas envie de le relire, mais on ne peut que constater que c’était un visionnaire quand on voit tout ce qu’il avait pressenti et qui est arrivé.

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