littérature France

Hubert Haddad, La bohémienne endormie

bohemienneendormieL’auteur : Hubert Abraham Haddad est né à Tunis en 1947. Il suit ses parents dans la banlieue parisienne quelques années plus tard. Auteur de poèmes, nouvelles et romans, il reçoit le Prix Renaudot Poche en 2009 pour Palestine. En 2007, paraît la suite du Nouveau Magasin d’écriture, dans lequel il interroge la littérature et l’imaginaire à travers 200 gravures choisies pour leur pouvoir d’évocation.
Le peintre : Henri-Julien-Félix Rousseau naît à Laval en 1844. Passionné de musique et de poésie, il monte à Paris en 1869, où il épouse Clémence Boitard, dont il aura 9 enfants. En 1871, il obtient un emploi à l’Octroi de Paris, qui lui vaudra son surnom. Il expose au Salon des Indépendants de1886 à 1910. Sa femme meurt en 1888 et malgré ses difficultés financières, il quitte l’Octroi en 1893 pour se consacrer à la peinture. Il peint La bohémienne endormie en 1897. Il meurt à l’hôpital Necker en 1910 et Armand Queval, Robert Delaunay et Guillaume Apollinaire se mobilisent pour lui garantir une sépulture.
57
pages
Editions Invenit (2012)

Le principe de la collection que j’ai découverte grâce à Marilyne, est des plus intéressants : demander à un écrivain un texte à propos d’une peinture. Comment s’opère le choix entre l’un et l’autre, la ligne éditoriale ne le précise pas. Toujours est-il que j’ai profité de l’occasion de découvrir à la fois la collection et la plume d’Hubert Haddad, dont on a pu lire beaucoup de bien récemment à propos du roman Le peintre d’éventails.
Joli format, papier agréable, reproduction soignée sur la couverture et en page intérieure, tout concourt à faire de ces livres un joli cadeau à faire ou à se faire ! Et le texte ? J’ai aimé l’évocation très poétique du Paris de 1897 où, devant la cage du lion de l’Atlas, se croisent Eugène Atget et son encombrant appareil photo, Henri Rousseau et son chevalet, ainsi qu’une impressionnante bohémienne, dont les prophéties s’avèreront sonner au plus juste. Sans doute est-ce la proximité des deux lectures, cette dernière m’a fait penser à la Corrag d’Un bûcher en hiver, l’imagination faisant apparaître l’une aussi petite, pâle et transparente que l’autre est grande, sombre et forte. Pourtant bien des liens les unissent à distance…
La poésie qui se dégage du vocabulaire un peu désuet choisi par l’auteur, des scènes très visuelles, la plongée dans la fin du XIXème siècle, tout m’a enchantée durant le temps, assez court, de ma lecture.
Bref, une belle découverte que cette collection, dont je vous parlerai sûrement encore prochainement !

Extrait : Aussitôt, dérangé dans sa torpeur, le lion se mit à rugir et le public pris de court s’écarta vivement, laissant aux yeux de tous la bohémienne en vis-à-vis du fauve. Impressionné par ce prodige de l’instant, le photographe cadrait mentalement la scène bientôt perturbée par l’homme au béret basque :
Il est bon, quand on vient d’entendre parler l’homme,
D’aller entendre un peu rugir le grand lion.
En habitué des lieux, Eugène n’en attendait pas moins du Douanier, comme le surnommait un fieffé gribouri. Il venait de citer Hugo à pleine voix : pareil esprit d’à-propos fleurait son Monsieur Prudhomme.

Merci aux éditions Invenit pour la découverte de la collection Ekphrasis ! Découvrez d’autres romans sur le thème de la peinture dans ce billet de conseils de lecture.

Les avis de KrolMarilyne et Minou un peu plus mitigées.

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17 réflexions au sujet de « Hubert Haddad, La bohémienne endormie »

  1. Ravie de ta découverte, de la collection et de l’auteur ( bientôt  » Le Peintre d’éventail  » j’espère ). Je viens justement de lire un autre titre de cette collection et je suis beaucoup moins mitigée 🙂

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    1. Je découvrais l’auteur, je n’avais donc pas d’attentes particulières par rapport au style. J’ai trouvé qu’il sonnait bien pour l’époque représentée et j’ai aimé l’évocation du Paris très « fin de siècle ».

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  2. j’en ai lu deux dans cette collection que j’ai bien aimé, en particulier celui sur la tour de Babel , une collection à suivre vraiment

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  3. J’ai du mal avec ce genre de textes de « commande » qui manquent souvent de spontanéité et sonnent un peu comme des exercices de style. Pourtant je suis un grand fan d’Hubert Haddad !

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    1. Je suis assez d’accord, je crois que j’ai admiré l’exercice de style tout en savourant l’atmosphère du Paris de la fin du XIXème siècle. D’où mon avis très positif ! 😉

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    1. L’idée est très bonne et cela ne me gêne pas que ce soient des textes de commande… Mon prochain livre de l’auteur sera Le peintre d’éventails.

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