littérature îles britanniques

Susan Fletcher, Un bûcher sous la neige

buchersouslaneigeL’auteur : Susan Fletcher est née à Birmingham en 1979. Un bûcher sous la neige est son troisième roman, après Avis de tempête et La Fille de l’Irlandais. Son dernier livre traduit en français, Les reflets d’argent, sortira le 25 avril.
455 pages
Editeur : J’ai lu (mars 2013)
Titre original : Corrag
Traduction : Suzanne V. Mayoux

J’avais noté ce livre depuis sa sortie pratiquement et sur la foi des avis enthousiastes d’Aifelle et Véronique en particulier. Mes bibliothèques ne l’ayant pas, j’ai attendu la sortie en poche pour (enfin!) faire connaissance avec Corrag. Quand on a trop d’attentes… le risque est la déception. Ce qui n’est pas le cas ici, enfin, pas tout à fait.
La plongée dans les hautes terres écossaises en plein dix-septième siècle est saisissante, la guerre entre partisans de Guillaume d’Orange et jacobites aussi. Et comment ne pas être touchée par l’accusation de sorcellerie, que la moindre différence pouvait provoquer, et ne pas frémir au nombre de femmes qui furent ainsi mises au ban de la société, enfermées, brûlées vives sur des bûchers ? Passant d’un long monologue de Corrag, qui du fond de sa prison où elle attend le bourreau, parle au révérend Charles Leslie, aux lettres que ce même pasteur envoie à son épouse, la construction est parfaite et permet de connaître petit à petit la jeune femme, son enfance, sa mère, son errance, son arrivée dans les Highlands, sa rencontre avec le clan des MacDonald.
Ce que j’aime de Corrag, c’est ce qu’elle nomme sa foi dans le monde, dans le coucher de soleil, les herbes qui soignent, le cerf qui brame, l’oiseau qui trouve son nid… mais parfois quelques longueurs ou redites viennent lasser un peu des descriptions de vallons arides et de roches sombres. Les lettres de Charles Leslie arrivent alors à point nommé, revenant à une écriture plus posée et plus resserrée. La situation de la jeune femme accusée de sorcellerie m’a touchée, sa retraite dans un vallon solitaire aussi, son histoire sentimentale beaucoup moins. J’ai trouvé que cet aspect aurait gagné à être moins délayé au fil de son récit, plus caché, plus intime. Cela ne semble pas correspondre à une femme de l’époque d’évoquer ainsi ses sentiments. C’est malgré tout un livre qui continue de faire son chemin une fois refermé, et qui a su allier harmonieusement roman historique et nature writing, autour d’un personnage très beau et touchant de jeune femme.

Extrait : Tout ce que j’aimais m’entourait, rivières, rochers. Les bêtes. Les bruits du vent. Et je leur en étais reconnaissante. J’étais reconnaissante, car parmi eux je pouvais guérir les blessures en moi, les pertes, le chagrin. Ce que mon âme avait de meurtri, je pouvais le soigner et le nourrir dans ma cabane, ou sur les hauteurs, et qui en fait autant ? De nos jours, qui prend le temps de soigner son âme ?

Quand même j’ai un réconfort. Il est petit, mais je l’ai, ce réconfort, je me le chuchote au creux de mes mains. Des gens sont en vie grâce à moi. C’est vrai. Il sont en vie parce que je les ai sauvés, parce que j’ai écouté la voix de mon âme, la chanson de mes os, les paroles de la terre.J’ai écouté mes entrailles, mon ventre, ma poitrine. Mon instinct.

Les avis d’Aifelle, VéroniqueCathuluClaraHélèneLilibaPapillon, Petite FleurThéomaYs.

Un grand merci à Silvana et aux éditions J’ai lu pour cette lecture ! 

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37 réflexions au sujet de « Susan Fletcher, Un bûcher sous la neige »

    1. Tu as de la chance, quelques siècles plus tôt, c’est sûrement ce qui te serait arrivé ! 😉 Qui sait, un autre jour, peut-être aurais-tu accroché mieux… Le côté « survie dans la nature sauvage » aurait pu te retenir !

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  1. j’ai fait comme toi et j’ai attendu, on a tellement de choses à lire, mais ton billet me fait un rappel car ce livre devrait me plaire

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  2. Je me chargerai personnellement de lyncher Keisha (manque un smiley vengeur !). J’avais adoré cette lecture, au point que je vais hésiter à le lire le suivant de l’auteur, de peur d’être déçue.

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  3. Ah bah voilà, j’ai eu exactement le même ressenti que toi. L’histoire est touchante, la façon dont elle est écrite aussi, mais des répétitions et des longueurs sont venues gâcher ma lecture.

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  4. Ah super, je ne savais pas qu’il était sorti en poche ! Ca tombe bien car l’édition broché était épuisée depuis un bon moment.
    Il continue de me tenter malgré tes réserves 🙂

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  5. Quitte à ce que l’on nous traite d’inquisitrices inhumaines avec Aifelle, je serais presque capable de lyncher Keisha personnellement aussi ( c’est comme si on dénigrait ses chers Gallmeister préférés à elle ;-)) tant j’ai aimé ce roman ! 😉

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    1. Le contexte historique est prenant, même si de temps à autre, je me demandais si les réflexions de Corrag auraient vraiment pu être telles quelles à l’époque. (ça peut venir de la traduction aussi…)

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  6. Comme toi, j’ai noté ce livre à sa sortie et j’ai de grandes attentes : espérons donc que je ne sois pas trop déçue car j’ai bien l’intention de le lire un de ses jours. 😉

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