littérature Europe du Sud·policier

Petros Markaris, Le Che s’est suicidé

chesestsuicideL’auteur : Petros Markaris, né en 1937 à Istanbul d’une mère grecque et d’un père arménien, vit à Athènes. Il est auteur dramatique, a été scénariste pour Theo Angelopoulos, et traducteur (de Brecht et de Goethe). Ses enquêtes du commissaire Charitos, largement traduites, ont connu un énorme succès en Grèce et en Allemagne, puis en Italie et en Espagne. Son dernier roman, Liquidations à la grecque (2012, Prix du Polar Européen 2013), traitre de la dernière actualité grecque.
473 pages
Editeur : Points policiers (2007)
Traduction : Caroline Nicolas
Titre original : O tse autoktonhse

C’est une première pour moi que la lecture d’un polar grec, alors que j’ai repéré cet auteur du temps où je recensais les lectures pour le défi Voisins-voisines ! La venue de Petros Markaris aux Quais du Polar était l’occasion de le lire enfin, en commençant par celui que je croyais le premier de la série du commissaire Charitos, et qui semblerait être le troisième après Le journal de la nuit et Une défense béton. Ce doit être un des nombreux mystères de l’édition ! Toujours est-il qu’il est suivi par Actionnaire principal, L’empoisonneuse d’Istanbul, Publicités meurtrières et Liquidations à la grecque, ces derniers étant parus au Seuil.
J’ai donc fait connaissance avec le commissaire Charitos, convalescent après avoir reçu une balle, et choyé de façon énergique par son épouse Adriani. Autant dire qu’il préférerait retourner à son bureau que de subir les conseils et bons soins constants d’Adriani. D’autant plus qu’un suicide totalement inédit fait frémir le monde des médias grecs : un homme d’affaires très connu s’est suicidé en direct lors d’une émission à forte audience. L’auteur des faits n’est pas mis en doute, mais l’incitation au suicide pourrait donner lieu à une enquête. Charitos est officieusement chargé de mener quelques investigations.
J’ai été ravie de retrouver Athènes, au temps de la préparation des Jeux Olympiques, son ambiance aussi bruyante, étouffante et polluée que dans mon souvenir, ses petits cafés et ses tavernes, et de pénétrer plus avant dans l’intimité des habitants de la capitale. L’humour et l’auto-dérision de l’auteur par la voix du commissaire m’ont ravie aussi, au point d’occulter quelque peu l’enquête elle-même, pourtant solide et crédible. J’avoue avoir trouvé quelques petites longueurs, un peu de redondances dans des parcours urbains que j’avais du mal à imaginer, faute d’un plan sous les yeux… Mais un bon repas concocté par l’aimable Adriani, une rencontre familiale autour de Katérina et Phanis, respectivement fille de Charitos et ami de celle-ci, me réconciliaient aussitôt avec ce livre. Je continuerai la série rien que pour les retrouver !

Extrait : – Et puis, en fin de compte, on te retient une petite fortune pour la Sécurité Sociale tous les mois. Et maintenant que, pour une fois, tu as l’occasion de récupérer un peu de ce qu’on te vole depuis des années, toi tu voudrais leur faire un cadeau ?
Elle me sourit triomphalement parce qu’elle a trouvé un argument à vous clouer le bec. Tout Grec se respectant qui ne soit pas intimement convaincu que le Trésor Public le plume comme une volaille et n’éprouve pas le besoin de lui rendre la monnaie de sa pièce est soit un fou furieux soit un Bulgare.

D’autres titres chez AnneDasolaGwenaëlleJean-Marc Laherrère

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23 réflexions au sujet de « Petros Markaris, Le Che s’est suicidé »

  1. Bonjour Kathel, merci pour le lien. Moi aussi j’aime beaucoup les protagonistes principaux, on est vraiment en famille avec eux. J’en ai encore un dans ma PAL. Bonne journée.

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  2. Et les mystères de l’édition ont fait paraître Publicités meurtrières avant L’empoisonneuse d’Istanbul, les deux que j’ai lus. Celui-ci est dans ma pile aussi…

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  3. je n’avais jamais lu cet auteur mais j’ai pris grand plaisir au roman qui a été primé , sa vision de la crise est juste
    il aime bien se balader dans Athènes et nous faire profiter de ses agapes

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  4. J’avais déjà repéré cet auteur de polar grec l’année dernière quand je commençais à m’intéresser de plus près aux romans grecs, et j’en avais vu des avis plutôt enthousiastes aussi. Le tien me confirme qu’il ne faut plus que je tarde à le découvrir!

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