littérature Asie

Yoko Ogawa, L’annulaire

annulaireL’auteur : Yoko Ogawa, née en Okayama, est auteur d’une quarantaine de livres romans, nouvelles et d’essais dont la moitié a été traduite en plusieurs langues et portés à l’écran. Elle a remporté plusieurs prix littéraires au Japon, dont le prix littéraire Akutagawa qui est le plus prestigieux de ce pays. Son style est influencé par celui d’écrivains classiques japonais et américains tel Paul Auster.
94 pages
Editeur :
Acte Sud (1999)
T
itre original : Kusuriyubi no hyohon
Traduction : Rose-Marie Makino-Fayolle

Il est un thème que Yoko Ogawa affectionne et qu’il me plaît toujours de retrouver dans ses nouvelles, c’est celui de la mémoire et des musées où les collections les plus insolites permettent de conserver des souvenirs les plus variés. Ainsi, dans une nouvelle du recueil Les paupières, un personnage faisait-il une collection d’odeurs dans des bocaux soigneusement scellés. Dans Le musée du silence, une vieille femme collectionne des objets emblématiques représentant chacun des disparus.
Dans L’annulaire, une jeune femme est embauchée dans un laboratoire où les gens qui le souhaitent apportent des « spécimens », objets chargés d’un mauvais souvenir qu’ils peuvent ainsi faire naturaliser pour mieux l’oublier. Ce laboratoire est un endroit très spécial, un ancien pensionnat de jeunes filles, deux anciennes pensionnaires, fort âgées, y vivent encore. Au cœur du bâtiment, une piscine désertée où le professeur qui dirige l’établissement retrouve la jeune fille. D’étranges rapports se nouent alors.
Yoko Ogawa crée cette fois encore une ambiance très étrange, inquiétante et porteuse d’un léger malaise, qui pourtant aimante et retient captif le lecteur ! Le format novella convient très bien à cette histoire troublante et qui reste en mémoire… l’inverse serait dommage, au vu du thème !

Extraits : Cela fera bientôt un an que je travaille dans ce laboratoire de spécimens. Comme ce n’est pas du tout le même genre de travail que celui que je faisais avant, au début j’étais désorientée, mais, maintenant j’y suis complètement habituée. Je maîtrise parfaitement l’endroit où sont rangés les papiers importants, je sais taper à la machine, et, en ce qui concerne les demandes de renseignements par téléphone je suis capable d’expliquer poliment et avec gentillesse le rôle du laboratoire. De fait, la plupart des gens qui téléphonent sont satisfaits de mes explications, et sans doute aussi rassurés, puisque le lendemain ils viennent frapper à la porte du laboratoire, leur précieuse marchandise serrée sur le cœur.

Il m’est arrivé, alors que j’attendais les clients seule à la réception, de me retrouver sur le point d’être aspirée par le tourbillon de calme.

– Je vais vous donner un conseil. Elles ont beau être très confortables, je ne crois pas que ce soit une bonne chose de les porter tout le temps.
– Pourquoi ?
– Parce qu’elles vous vont trop bien. Ça fait presque peur à voir. Il n’y a pas assez de décalage. Ne voyez-vous pas qu’il n’y a pratiquement pas d’intervalle entre votre pied et la chaussure ?

Déjà vu chez CatherineCynthiaKrolLaureLeiloona et Yv.

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33 réflexions au sujet de « Yoko Ogawa, L’annulaire »

  1. J’aime beaucoup Ogawa. Heureusement, il me reste plusieurs de ses ouvrages à lire encore dont celui-ci et tant mieux qu’elle crée un malaise chez son lecteur parce que sinon, ses histoires sont plutôt très simples.

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  2. Je n’avais pas apprécié la lecture de la formule préférée du professeur mais cela n’avait rien à voir avec l’écriture de l’auteur, donc, j’ai mis l’annulaire en réservation à la bibliothèque

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  3. n’étant pas amateur de nouvelles je ne me suis pas intéressée à ce livre là mais je surveille l’auteur car j’ai bien aimé plusieurs de ses romans

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  4. Je l’avais bien aimé celui-ci, mais je dois dire que j’ai tenté d’autres de Yoko Ogawa ensuite et que je n’y ai pas retrouvé le même attrait

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  5. J’en garde un bon souvenir et tu me fais penser qu’il faudrait que je me procure d’autres titres (Cristallisation secrète, sorti en poche depuis peu, me tente beaucoup !)

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  6. La littérature japonaise me rend toujours perplexe : je sais qu’elle est d’une indéniable qualité, mais en même temps si spéciale, si étrange parfois… j’ai toujours peur d’être ou soit très content, ou soit très déçu.

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    1. Ce qui est bien, c’est que je n’ai découvert le sujet qu’au détour des pages… je vais conserver cette bonne habitude de ne pas lire les quatrièmes de couverture !

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