littérature îles britanniques

Ian McEwan, Solaire

solaireL’auteur : Né en 1948, Ian McEwan a passé une grande partie de sa jeunesse en Extrême-Orient. Il se fait connaître au début des années 80 par des nouvelles, puis des pièces radiophoniques et des romans. L’enfant volé a reçu le Whitbread Novel Award et en France, le prix Fémina étranger, Amsterdam a été couronné par le Booker Prize for Fiction en 1998, Expiation par le WH Smith Literary Award en 2002. Ian McEwan a participé au scénario de l’adaptation d’Expiation en 2007. Ses derniers romans sont Samedi (2005), Sur la plage de Chesil (2007) et Solaire (2010).
395 pages
Editeur : Folio (octobre 2012)
Traduction : France Camus-Pichon
Titre original : Solar

Ian McEwan est un auteur qui m’intéresse beaucoup depuis le premier roman que j’ai lu de lui, L’enfant volé, à sa sortie en français ; il n’est pas le plus lu de ses romans, mais pourtant il mérite qu’on y jette un coup d’oeil et plus si possible ! Ce qui me plaît, chez cet auteur, que ce soit dans Sur la plage de Chesil, Samedi ou le magnifique Expiation, c’est le mélange entre psychologie et critique de la société, et en même temps la variété des milieux et des thèmes choisis.

Dans le présent roman, c’est un scientifique qui tient la vedette, un prix Nobel de physique, rien que ça, mais ce prix prestigieux cache un personnage foncièrement antipathique et dépourvu de scrupules, aussi peu avenant au physique qu’au moral. Au début du roman, qui s’étire sur trois époques et une dizaine d’années, Michael Beard découvre que sa cinquième femme le trompe, et s’en trouve quelque peu affecté, même si elle ne fait que lui rendre la pareille, lui qui ne compte plus les égratignures à son contrat de mariage ! Côté travail, il dirige mollement un institut de recherches sur les énergies renouvelables où les thésards se ressemblent tous à ses yeux. Il accepte une invitation pour un voyage tous frais payés en Arctique pour s’éloigner de tout ce qui commence à aller mal pour lui à Londres. A son retour, au terme d’une scène rocambolesque, Beard, pourtant peu convaincu par les recherches sur l’avenir de la planète et les ressources énergétiques renouvelables, se retrouve en possession d’une série de documents qui vont lui permettre d’avancer sur un projet ambitieux et novateur de photosynthèse permettant d’obtenir une énergie propre. De quoi remonter un peu sa cote auprès de ses collègues, voire même de son épouse ?

Certes, ce roman est très bien documenté dans le domaine scientifique des énergies propres, mais on passe rapidement sur les explications pour se régaler du cynisme de Michael Beard et des situations dans lesquelles sa misanthropie et son manque de psychologie le plongent. Certaines scènes sont carrément hilarantes, à motoneige dans le froid polaire, mais aussi dans un train avec un paquet de chips, ou ses démêlés avec une féministe, entre autres… Le découpage en trois époques, la dernière étant une sorte d’apothéose, donne aussi du dynamisme au roman qui montre, encore une fois, comment les romanciers britanniques actuels, et McEwan est pour moi l’un des meilleurs, savent nous régaler en pointant brillamment les travers de la société contemporaine.

Extrait : Une invitation pour le pôle Nord arriva – du moins la décrivit-il ainsi aux autres et à lui-même. En réalité sa destination se trouvait bien en-dessous du 80e parallèle et, promettait la brochure, il séjournerait à bord d’un « confortable vaisseau bien chauffé, aux couloirs lambrissés, aux moquettes profondes et à l’éclairage tamisé », un navire trônant placidement au milieu des glaces d’un fjord reculé, accessible au terme d’un long trajet en motoneige au nord de Longyearbyen sur l’île du Spitzberg. Les trois difficultés seraient la taille de sa cabine, l’accès limité à sa messagerie électronique et une carte des vins réduite à un « vin de pays » nord-africain.

Des avis chez Anne, KeishaMalikaPapillon et Ys...

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19 réflexions au sujet de « Ian McEwan, Solaire »

    1. Tout le monde n’a pas aimé Samedi, je l’avais lu en anglais et apprécié malgré tout. C’est un auteur qui a beaucoup de facettes, tu pourrais essayer un autre titre, peut-être ?

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    1. Pas deux livres d’un même auteur dans la PAL, c’est un de mes principes… (quoique je crois avoir deux Jérôme Ferrari actuellement… ) mais tu n’as pas encore ouvert Expiation, quel dommage, vraiment… 😉

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  1. Manu, mais tu es une vilaine rapporteuse ! 😉 Pour moi, ce sera un des coups de coeur de 2012, sans conteste ! Je suis entièrement d’accord avec toi sur les talents des auteurs britanniques.

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  2. La scène du motoneige (et ses conséquences angoissantes…) reste pour moi d’anthologie, même si l’ensemble du roman n’est pas vraiment drôle, effectivement, plutôt une fable bien caustique ! Cependant, j’ai quand même préféré « Sur la plage de Chesnil » et aussi dans les « vieux » de cet auteur (excellent, même si je n’accroche pas toujours), je me suis faite complètement embarquée dans « Délire d’amour », que je recommande. Et je note « L’enfant volé » dont je n’avais jamais entendu parler. Et hop, c’est parti pour une lecture en 2013 !

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    1. Il explore des univers bien différents, cela te laisse le choix… Mon préféré, Expiation, est le plus apprécié en général, mais il faut aimer faire un petit saut en arrière, entre les deux guerres plus précisément !

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    1. Cela me semble impossible, mais pour m’être déjà ennuyée avec des livres que tout le monde adorait, je sais que le mot impossible n’a pas court à propos de réactions de lecteurs ! 😉

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