abandon de lecture·littérature Europe de l'Ouest·premier roman·rentrée automne 2012

Melinda Nadj Abonji, Pigeon, vole

Rentrée littéraire 2012
L’auteur :
Melinda Nadj Abonji est musicienne, romancière et essayiste suisso-hongroise. Née en 1968 en Voïvodine (alors yougoslave, aujourd’hui en Serbie), elle a d’abord été élevée en hongrois par sa grand-mère. Elle a rejoint à six ans ses parents à Küsnacht, en Suisse. Elle est l’auteur d’un premier roman, Im Schaufenster im Frühling, publié en 2004. En 2010 elle a reçu le Buch Price de Francfort (le Prix allemand du livre) pour Pigeon, vole.
238 pages
Editeur : Métailié (août 2012)
Traduction : Françoise Toraille
Titre original : Tauben fliegen auf

Je suis bien ennuyée… Ce roman avait tout pour me convenir : une histoire de famille, le thème de l’exil et de la difficile adaptation à un pays étranger, l’histoire des pays de l’est en arrière-plan. Un premier roman de surcroît et cela m’ennuie vraiment de déclarer forfait à la moitié du livre, mais je n’arrive pas à m’y intéresser et je me sens complètement inapte à apprécier le style bien particulier de l’auteur.
Idilko et sa sœur Nomi, alors adolescentes, font route pour retrouver le temps d’un été leur Mamika dans l’ex-Yougoslavie où elle est restée. Les deux jeunes filles vivent en Suisse où leurs parents ont réussi à reprendre un restaurant. Les jeunes filles grandissent ou rajeunissent, les époques s’emmêlent un peu, mais les instantanés de vie de famille sont sympathiques, à défaut d’être totalement attachants. J’ai partagé avec plaisir quelques moments, un mariage, une retour dans une maison d’enfance, l’ouverture d’un restaurant, avant de me rendre compte que j’attendais autre chose, qui n’arrivait pas.
De plus, le style très particulier me freinait constamment, à croire qu’il fallait que je gagne cette lecture à la sueur de mon front ! Sans doute ne suis-je pas assez disponible actuellement pour mériter de m’y trouver à l’aise. Les phrases sont très très longues, avec des qui et des que à n’en plus finir. Les dialogues sont de plus intégrés sans cérémonie, ni ponctuation, dans la narration, et je trouve ce procédé original mais pas indispensable. Moi qui adore les écritures sobres, je n’étais pas à la fête. Je ne pense pas qu’il s’agisse d’un problème de traduction, je crois que la version française tente de rendre au mieux la version suisse-allemande. Malheureusement, cela m’a fait arrêter plusieurs fois en cours de lecture pour attaquer d’autres livres un peu plus fluides, et je n’ai pas réussi à éprouver autre chose qu’un certain ennui en le reprenant. Je suis désolée pour l’éditeur et Babelio qui m’ont fait parvenir ce roman pour Masse critique.

Bref, un rendez-vous raté pour moi mais n’hésitez surtout pas à lire d’autres avis plus positifs : Aifelle s’est attachée à ces instantanés de vie de famille, Jostein a aimé cette histoire de famille au rythme personnel et Leiloona a adopté les personnages et aimé l’écriture pétillante…

Extrait : Tu veux tous nous envoyer dans la tombe, dit l’oncle Moric, qui est venu se camper à côté de papa dès que les musiciens se sont mis à jouer, il est si près qu’il le toucherait presque de son nez couperosé, tu veux nous envoyer à la guerre, siffle l’oncle Moric, hein, ou bien est-ce que ça t’est seulement sorti de la bouche comme ça ? Maman, toujours belle dans sa robe vert pré, semble désemparée et personne ne l’écoute quand elle dit, vous ne pourriez pas remettre cette discussion à un autre jour ? Papa et oncle Moric se crachent des mots à la figure, tu veux nous envoyer à la guerre, n’arrête pas de répéter l’oncle Moric, papa crie arrête donc, voyons, arrête enfin, il souffle des volutes de fumée moqueuses vers le haut de la tente, t’as perdu ton humour, il s’est caché au fond de ton caleçon des dimanches ? Les guirlandes sont devenues des petites bouées colorées qui se balancent sur une mer de fumée et de jurons. 

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24 réflexions au sujet de « Melinda Nadj Abonji, Pigeon, vole »

  1. Ouf, je me sens moins méchante, pour le coup, à avoir abandonné ce roman page 50 ou +60. Pas forcément à cause du style, ma foi, j’en ai vu d’autres, mais ça ne démarrait pas, je m’ennuyais . Pourtant j’avais un a priori positif et voulais l’aimer, ce roman! (je signale à toutes fins utiles que je viens à bout de Proust…)

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    1. Oui, je peux en témoigner, tu lis souvent des romans qui ont des styles plutôt ardus ! Je pense à certains américains… Mais là, c’est aussi une question d’intérêt relatif porté à l’histoire. Dommage, j’étais sûre d’aimer !

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  2. Et moi si j’ai continué, c’est que je trouvais malgré tout un intérêt à l’histoire ! côté style, l’auteur insiste beaucoup sur la musicalité qu’elle voulait trouver pour ses phrases. Perso, je pense qu’elle aurait gagné à faire nettement plus sobre. La musicalité se transforme trop souvent en indigestion.

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    1. Je n’ai pas la même notion de musicalité que l’auteur, ou que la traductrice, alors… Et pourtant, c’est quelque chose qui me tient à coeur, le rythme des phrases !

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  3. J’avais lu quelques remarques en commentaires sur le style chez Aifelle mais je reste intéressée, motivée par l’histoire. On verra… Pour l’heure, j’ai déjà tellement de quoi lire en ce moment que j’aurai eu le temps d’oublier ces points quand j’irai emprunter le livre.

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    1. Alors, sur la fiche du livre, tu trouves en haut à droite : faire découvrir par mail, facebook, blog. Tu cliques sur blog et tu trouves un code html à copier et coller en bas de ton billet. Voilà ! 😉

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  4. Raté, donc. ça arrive, on ne peut pas se sentir à l’aise avec chaque lecture et quelque part c’est rassurant. Trouvé tous les livres formidables, ça n’autrait aucun sens 😉

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