littérature Europe du Sud·rentrée automne 2012

Margaret Mazzantini, La mer, le matin

Rentrée littéraire 2012
L’auteur : Née à Dublin, fille d’un peintre irlandais et d’un écrivain italien, Margaret Mazzantini a quarante-cinq ans. Actrice, romancière et scénariste, elle consacre aujourd’hui sa vie à l’écriture et à sa famille. Après Antenora, Écoute-moi et Venir au monde, La Mer, le matin est son quatrième roman.
133 pages
Editeur : Robert Laffont (23 août 2012)
Traduction : Delphine Gachet
Titre original : Mare al mattino

Les plus belles rencontres littéraires reposent parfois sur les sujets les plus simples d’apparence. Je ne connaissais pas encore Margaret Mazzantini qui a déjà publié plusieurs romans, dont Ecoute-moi et Venir au monde. Le choix de celui-ci s’est fait sur la couverture, le titre, la quatrième de couverture, tous sobres et pleins de sérénité et qui me laissaient présager une découverte particulière. J’ai assez souvent connu de semi-déceptions pour me méfier. Et pourtant…
Un petit garçon découvre l’oasis du Sahara où il habite, devenue au fil des années une ville bâtie de bric et de broc dans le désert, loin de la mer qu’il aimerait connaître : « Farid n’a jamais vu la mer, il n’a jamais mis les pieds dans l’eau. Il se l’est imaginée des milliers de fois. Piquée d’étoiles comme le manteau d’un pacha. Bleue comme le mur bleu de la ville morte. » Farid s’amuse avec ses camarades, fréquente l’école, approche un soir une jeune gazelle venue du désert. La famille de Farid se réjouit et s’inquiète des premiers soubresauts du printemps libyen : « Quand il voit Misrata détruite par les tirs, grand-père Mussa arrache du mur l’affiche du Caïd, il en fait une boule et la jette sous le lit. » La suite montre comment la guerre touche immédiatement les plus faibles, les plus démunis, les plus éloignés de la politique.
De l’autre côté de la Méditerranée, dans une île proche de la Sicile, sans doute Lampedusa bien qu’elle ne soit jamais nommée, un tout jeune homme observe le flux des réfugiés déferlant sur la côte, en piteux état, malades ou mourants, ou n’arrivant jamais vers cette terre où se trouvait leur salut. Par la famille de sa mère, Vito est lié aussi à la Libye où des italiens s’étaient installés, avant d’en être chassés en 1970 par Kadhafi. Sa mère traîne avec elle une nostalgie ténébreuse de cette ville de Tripoli où elle a passé ses plus jeunes années. « Angelina lui a dit : les oiseaux savent laisser leurs œufs bien à l’abri. Nos œufs à nous ont été cassés. Sacrifiés. Nos maisons dans une valise. Sortir de sa coquille pour courir, fuir. » Vito rêve en regardant la mer, il rêve sa vie, son avenir, son destin…
Une narration au présent place d’emblée le lecteur aux côtés de ces deux familles qui connaissent chacune à leur tour le déracinement, la fuite ou le retour vers un ailleurs qui n’est pas le leur. D’une simplicité tout imprégnée de poésie, d’humanité, l’écriture de Margaret Mazzantini m’a séduite et touchée et si j’ai dévoré ce court roman, je l’ai laissé tout hérissé de marque-pages, et l’ouvrir et relire quelques lignes me fait retrouver immédiatement l’atmosphère qui m’a séduite. Une très belle découverte donc !

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2 réflexions au sujet de « Margaret Mazzantini, La mer, le matin »

  1. Je le lis en ce moment et je dois reconnaître que le style peu poétique et lyrique me gêne profondément (surtout sur les cinquante premières pages). Après, sit je me suis adaptée, soit l’auteure ou sa traductrice semble plus relâchée. On verra bien !

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