littérature Europe de l'Ouest·nouvelles

Bernhard Schlink, Mensonges d’été

L’auteur : Bernhard Schlink partage son temps entre Bonn et Berlin. Il exerce la profession de juge. Il est l’auteur de plusieurs romans policiers couronnés par de grands prix. Il a notamment publié en France ‘Le Liseur’ (‘ Der Vorleser’) en 1996, ‘Amours en fuite’ (Liebesfluchten) aux éditions Gallimard en 2001 ou encore ‘Le Retour’ en 2007.(Source : Evene)
290 pages
Editeur : Gallimard (juin 2012)
Traduction : Bernard Lortholary
Titre original : Sommerlügen

C’est sans doute parce qu’il s’agit d’un recueil de nouvelles que ce livre paru avant l’été n’a pas tellement fait parler de lui, du moins sur les blogs. Pourtant, on y retrouve les ingrédients de la fascination que peuvent exercer des romans commeLe week-end et Le retour, déjà recommandés ici. Je mets à part Le liseur, même si certains thèmes s’y retrouvent, à commencer par celui de la dissimulation et du mensonge. Bernhard Schlink est vraiment l’écrivain des relations un peu ambivalentes, un peu déséquilibrées, où l’un attend davantage que l’autre. Le mensonge dans ce type de relation devient un ingrédient presque incontournable.
Les nouvelles présentées ici, assez longues, permettent de bien mettre en place les protagonistes et leurs relations. Le travail d’écriture sur la psychologie des personnages est une œuvre de virtuose ! J’ai été particulièrement épatée par La maison dans la forêt, nouvelle à laquelle il n’aurait pas fallu grand chose pour faire un très bon roman… (si je peux me permettre, certains romans présentent des intrigues beaucoup plus faibles sur un nombre de pages cinq fois supérieur à cette nouvelle !) Je vous la raconte ? Il s’agit d’un écrivain dont l’épouse… et puis, non, découvrez-la par vous-même, ce sera très bien comme ça !
A noter que les nouvelles peuvent se dérouler aux Etats-Unis ou en Europe, concerner des personnes jeunes ou très âgées, bref, des atmosphères totalement différentes les unes des autres. J’aime beaucoup l’univers où Bernhard Schlink emmène ses lecteurs et ne manquerai pas de le retrouver quand l’occasion s’en présentera.

Extrait : Il retira le courrier de la boîte postale sans même le regarder. Il le fourra dans la doublure déchirée du pare-soleil. Il repassa par le point de vue, s’y gara et but. Le whisky lui brûla la bouche et la gorge, il avala de travers et rota. Il regarda la bouteille et le sac en papier brun et il pensa aux clochards de New York, assis par terre avec des sacs en papier brun sur les bancs de Central Park et buvant. Parce qu’ils n’avaient pas su empêcher leur monde de s’effondrer.

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